Pierre Cabaré à propos des regroupements illégaux : « Il ne faut pas s’attendre à une France raisonnable ! »

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INTERVIEW / VIDEO - Le député de la Haute-Garonne, Pierre Cabaré était l’invité, mardi 25 mai, de « 20h, l’invité ». L’élu La République en Marche est notamment revenu sur les règles mises en place par le gouvernement depuis quelques mois, qu’il ne considère plus comme d’actualité.

Invité de Fréquence ESJ, Pierre Cabaré s’est montré compréhensif vis-à-vis des regroupements de supporters lillois, après le sacre du club de football comme champion de France. « Il faut relâcher la pression, il y a un moment où on baisse la garde. Les Français souffrent tous depuis un an ». Alors que certains politiques jugent ces rassemblements déraisonnables, le député de la Haute-Garonne n’est pas du même avis : « Déraisonnable, ça veut dire répréhensible et ça ne me convient pas »."Il ne faut pas s'attendre à une France raisonnable". Pierre Cabaré se veut plus souple sur les libertés liées aux règles concernant la Covid-19 et attend de nouvelles mesures. « Comment la France va-t-elle repartir aujourd’hui, avec des gestes aussi forts qu’il y a 6 mois ? ».

La deuxième étape de déconfinement a commencé mercredi 19 mai. Elle autorise, entre autres, la réouverture des terrasses. À Amiens, dans la Somme, des restaurants ont cependant fermé le jour de leur ouverture, n’arrivant pas à respecter les quotas imposés par le gouvernement et les distanciations sociales. Pour Pierre Cabaré, « il faut que les règles soient appliquées ». « Ceux qui ne respectent pas les jauges doivent être pénalisés ». Le député de la Haute-Garonne ajoute que les restaurateurs qui ont décidé de rouvrir ne travaillent pas uniquement pour la rentabilité de leur établissement, mais aussi pour le lien social avec leurs clients. Pierre Cabaré souligne néanmoins que les Français qui respectent les règles sont majoritaires.

« Tous les élus doivent aider la population à se faire vacciner »

La campagne de vaccination s’est focalisée dans un premier temps sur les personnes âgées. Néanmoins 23 % des plus de 65 ans n’ont toujours pas reçu de doses. Un pourcentage qui ne démontre pas forcément la non-volonté des personnes âgées à se faire vacciner pour Pierre Cabaré, mais plutôt un problème d'accès : « C’est difficile pour une personne âgée de prendre rendez-vous par Internet ». Son souhait ? Que tous les élus aident "la population à se faire vacciner". Il reste cependant optimiste quant à la baisse du nombre des plus de 65 ans sans vaccins. Le 31 mai, tous les adultes auront le droit de recevoir leur dose alors que dans les faits, c’est presque déjà le cas. « Il faut ouvrir la vaccination à la population, le gouvernent a pris cette décision au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard ».

Le pass sanitaire entrera en vigueur le 9 mai. Il devra permettre le retour des évènements avec une grande capacité d'accueil comme les festivals, les concerts ou les stades. Il n’a cependant pas été voté à l’unanimité et une forte opposition persiste. Pour Pierre Cabaré : « Quand on fait de l’opposition sur le plan sanitaire, c’est qu’on est fou ». Il estime que les politiques qui critiquent les mesures sanitaires prises au fur et à mesure de la crise devraient prendre la parole pour donner des solutions et non discréditer tout ce qui a été fait. « C’est facile de dire, il aurait fallu mettre en place ceci ou cela ». Le député de la Haute-Garonne est très favorable au pass sanitaire et envisage des mesures moins contraignantes dès que les chiffres de Covid-19 ne seront plus alarmants. Il proclame aussi une obligation vaccinale non pas vis-à-vis de la loi, mais une obligation morale.

« La base de notre société, c’est l’éducation »

Le projet de loi pour la confiance dans la justice a été adopté mardi 25 mai. Selon Pierre Cabaré, « ce projet de loi est nécessaire mais l’éducation l'est au moins tout autant ». Selon le député LREM, l’éducation manque en France. « Je voudrais un projet de loi confiance dans l’éducation ». Rééduquer les criminels au lieu de leur donner de lourdes peines de prison. « La prison n’éduque pas, il faut parler de prévention par l’éducation ». Pour l'élu, « C’est très important de donner une autre visibilité aux enfants ».

Le député est visé par une enquête pour harcèlement moral et sexuel sur des collaborateurs parlementaires. Une de ses anciennes collaboratrices, qui est dans un même temps son actuelle suppléante, a déposé une plainte contre lui. Pierre Cabaré a balayé avec légèreté ces accusations sur Fréquence ESJ même s'il s'est dit outré. Cette affaire l’a obligé à démissionner de son poste de vice-président de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée Nationale.

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Photo : Bastien Cochet / Fréquence ESJ

 

 

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