Christophe Dominici sur le rachat du club de Béziers : "Ou ils veulent nous cacher des choses ou ils ne veulent pas qu'on s'investisse"

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INTERVIEW / VIDEO – Christophe Dominici a appelé les propriétaires du club de Béziers à faire avancer les négociations dans le projet de rachat ou à s’exprimer, mercredi 10 juin, dans « Storytelling ».

 

Ce n’est plus un secret pour personne. L’ancien ailier du XV de France souhaite racheter l’ASBH, le club de rugby de Béziers. Un projet dans lequel Christophe Dominici ne se lance pas seul : « Je suis avec des agents, je suis avec des préparateurs physiques, je suis avec Frédéric Michalak [ancien joueur professionnel et co-équipier en équipe de France], je suis avec mes partenaires. On est en train d’essayer de monter un vrai projet, parce que la saison va arriver à grands pas ». Christophe Dominici a aussi trouvé son investisseur : un émirati qui semble l’avoir convaincu. Pourtant, malgré la volonté et l’enthousiasme de l’ancien joueur, le rachat n’avance pas.

« Le maire, les supporters et le peuple biterrois nous ont dit : on vous veut ! »

Il y a quelque semaine, des accords de confidentialité ont été signés avec les propriétaires actuels, Pierre-Olivier Valaize, Cédric Bistué et Pierre-Louis Angelotti, pour le rachat de l’ASBH. Depuis, l'ancien joueur professionnel de rugby n’a aucune nouvelle et commence à perdre patience : « on s’aperçoit qu’on met beaucoup d’énergie, beaucoup de force autour de ce projet et, à l’heure où je vous parle, on n’a toujours pas reçu les informations que l’on demandait concernant l’état du club ». Christophe Dominici se pose donc des questions sur les raisons des propriétaires.

« Aujourd’hui, il y a deux solutions. Ou ils veulent nous cacher des choses et ils ont peur, ou, vu la difficulté financière dans laquelle ils sont actuellement, parce qu’ils sont en grande difficulté quoi qu’on puisse dire, puisqu’on a vu une partie des comptes, […] et ils ne veulent pas qu’on s’investisse. Ils ne veulent pas qu’on vienne » explique l’ancien ailier tricolore. Les dettes ne font pourtant pas peur aux éventuels investisseurs venant des Emirats Arabes Unis. Ils ont déjà annoncé pouvoir injecter de l’argent et assainir les comptes du club. Autre raison qui pencherait dans la balance de Christophe Dominici : « le maire, les supporters et le peuple biterrois nous ont dit : on vous veut ! ». L’ancien rugbyman n’a donc qu’un seul message aux propriétaires : « c’est un cri du cœur que je lance parce qu’il faut qu’on ait des informations pour pouvoir d’une, recruter, mettre une stratégie en place, arriver avec des hommes, une nouvelle énergie ». « Aujourd’hui, c’est une incompréhension totale. Il faut qu’ils assument » ajoute-t-il.

« Au plus ils perdent de temps, au plus ils perdent de l’argent »

Christophe Dominici est plus que jamais déterminé à faire aboutir son projet. Pour lui, le club de Béziers mérite de devenir l’un des plus grands clubs de France voire d’Europe. L’ancien joueur commence déjà à s’investir auprès des familles : « vendredi, je rencontre des parents de joueurs de Béziers qui veulent partir dans une autre formation, qui ont été recrutés par d’autres clubs, pour les convaincre de rester ». Un investissement qui lui semble pour le moment vain. « Je suis confronté à des gens qui sont en place et parce que "je ne sais pas quoi" ils veulent s’accrocher à quelque chose et je ne sais pas pourquoi ». Pourtant, les propriétaires n’auraient pas eu le couteau sous la gorge, ce qui énerve d’autant plus Christophe Dominici. « Si on nous avait dit plus tôt "non, tout va bien, on ne veut pas, on végète en Pro D2 [deuxième division en championnat de France de rugby], ça va bien"...Mais on ne nous a pas dit ça ! ». Les propriétaires seraient-ils donc en train de faire marche arrière ? Pour l’ancien ailier, le choix est désormais simple : « je ne pense pas que, dans la vie il faut qu’on passe par des ultimatums. Au plus ils perdent de temps, au plus ils perdent de l’argent ». La punition que le club de Béziers s’inflige se suffirait donc à elle-même.

De bonne guerre, Christophe Dominici s’est voulu rassurant avec les propriétaires de l’ASBH: « A un moment donné, on saura réellement l’état des comptes (du club) […] Moi je ne dirai, en aucun cas, l’état des comptes de Béziers, ce n’est pas à moi de le dire ». Ce qui est sûr, c’est que rien n’arrêtera désormais l’ancien joueur du XV de France. Il travaille déjà sur l’amélioration du club : « le côté éducatif qu’on doit faire pour les enfants, le côté accompagnement, le côté formation, l’équipe professionnelle, l’ancrage social, la diversité du territoire ». Tout n’est pas encore perdu et Christophe Dominici ne perd pas espoir.  « Il y a une énergie, une dynamique et une envie collective que, à ce stade-la, deux ou trois hommes ne peuvent pas arrêter ».

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