Championnat 2019 de Formule 1 : nos notes à la pause estivale

(Reading time: 5 - 9 minutes)
PHOTO_COUV_bien.jpg

FORMULE 1 - La rédaction sport de Fréquence ESJ profite de ces trois semaines sans courses pour analyser la performance des écuries et de leurs pilotes depuis le début de la saison. On démarre avec ceux qui doivent progresser.

 

Williams : 3/20

Relégué à 25 points de Haas et bon dernier, la seule chose qui aura changé cette année pour Williams est sa paire de pilotes. Mis à part ça, le fondateur Franck Williams et sa fille Claire revivent la même histoire que l’an passé. L’écurie frôle le ridicule en ne marquant qu’un seul point. Un point en trompe l’œil, obtenu une fois que les deux pilotes Alfa Romeo aient été rétrogradés par les commissaires de course, au terme d’un Grand Prix où la pluie n’a cessé de venir mettre le bazar. Maigre lot de consolation dans ce néant, Williams est la seule écurie dont les monoplaces ont, jusque-là, rallié l’arrivée des douze Grands Prix. Un 3/20 donc, et encore on est gentils.

 

PHOTO 1 bien

Photo : Zak Mauger / LAT Images. George Russell durant le Grand Prix d’Australie à Melbourne le 16 mars 2019.

 

-    George Russell : vainqueur des Grands Prix 3 Séries en 2017 puis de Formule 2 en 2018, le petit prodige anglais de 21 ans fait ses armes cette saison dans la catégorie reine. Malheureusement, sa voiture n’est pas à la hauteur du reste du plateau ce qui ne lui permet pas de montrer ses réelles capacités. Pas de bol pour l’Anglais, l’une des rares courses où il termine derrière son coéquipier, c’est ce dernier qui marque le seul point de l’écurie.

-    Robert Kubica : pour ceux qui suivent la Formule 1 (F1) depuis 2007, ce nom n’est pas étranger. Après des débuts très prometteurs chez BMW, sa carrière connaît un arrêt brutal en 2011. Il est victime d’un grave accident en rallye avant le début de la saison. Touché lourdement à la main et à la jambe, le Polonais ne remonte plus dans une monoplace jusqu’à cette année. Loin derrière tout le monde, il passe plus de temps à regarder dans ses rétros. Son retour est purement marketing, dommage car, à l’heure où les places en F1 sont chères, cela n’aide ni Williams, ni Kubica, ni les jeunes pilotes qui toquent à la porte de l’écurie.

Haas : 5/20

Cinquième force du plateau en 2018 (sixième sans l’exclusion de Force India après leur rachat), rien ne va plus cette année pour l’écurie américaine. 26 points seulement avec comme meilleur résultat une sixième place. La voiture ne fonctionne tellement pas que Romain Grosjean en est revenu à celle du Grand Prix inaugural à Melbourne. Et que dire de la relation entre les deux pilotes ? Il aura fallu attendre deux saisons pour qu’elle explose. À tel point que les pilotes ont ordre de ne plus s’affronter en piste. Un 5/20 pour tirer la sonnette d’alarme.

 

PHOTO 3 bien

Photo : Zak Mauger / LAT Images. Romain Grosjean qui perd un pneu durant le Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone le 14 juillet 2019.

 

-    Romain Grosjean : le Français vit très clairement sa pire saison. Lui qui est arrivé en numéro 1 chez Haas, est dominé en qualification et en course par son coéquipier. Dix-septième au classement pilote, Romain Grosjean n’a même plus sa place assurée pour 2020. Ses six abandons, dont deux par sa faute, ne vont pas l’aider à reprendre confiance pour les derniers Grands Prix.

-    Kevin Magnussen : la tête à claques du plateau. C’est simple, à chaque Grand Prix, il fait parler de lui par des manœuvres anti-sportives. Malheureusement pour son coéquipier, il arrive tout de même à faire de belles performances et rapporte des points à son écurie. On attend de voir ce qu’il fait d’ici la fin de saison.

Racing Point : 6/20

Anciennement Force India, racheté à la mi-saison 2018 par Lawrence Stroll, le père de Lance, Racing Point s’est perdu cette année. Deux fois moins de points marqués par rapport à l’année dernière, l’écurie est en train de sombrer et ferait bien de réfléchir à 2020 si elle veut garder Sergio Perez. Un 6/20 qui récompense des choix discutables.

 

PHOTO 2 bien

Photo : Jerry Andre / Sutton Images. Sergio Perez durant le Grand Prix d’Azerbaïdjan à Baku le 26 avril 2019.

 

-    Sergio Perez : il arrive à saturation. Sixième saison chez Racing Point et l’écurie régresse. On lui avait vendu un beau projet, il est aujourd’hui au point mort. Il réfléchit à une alternative et regarde du côté de chez Haas. L’herbe n’y est pas verte mais changer d’air lui ferait sans doute du bien.

-    Lance Stroll : c’est tout ce qu’on n’aime pas en F1 et encore plus cette saison. Esteban Ocon éjecté, il a récupéré sa place grâce à papa. Sauf que le Canadien n’a pas le talent du Français. Le pire est qu’il réussit quelques coups d’éclat qui lui permette de continuer à prétendre à une place dans la catégorie reine.

Renault : 9/20

La marque au losange déçoit. C’est le jour et la nuit par rapport à 2018. Une belle quatrième place augurait une nouvelle saison sur la même dynamique. Renault a cependant vite compris que 2019 serait moins rose. La voiture ne suit pas le rythme et ses pilotes ne s’en sortent pas. Daniel Ricciardo, fraichement débarqué, doit se demander ce qu’il fait là, quand Nico Hülkenberg doit, lui, ne pas comprendre pourquoi ça ne fonctionne plus. Sept abandons pour l’écurie française : sept de trop. Avec de telles performances, la moyenne n’était tout simplement pas atteignable. Un 9/20 logique.

 

PHOTO 4 bien

Photo : Sam Bloxham / LAT Images. Nico Hulkenberg en perdition durant le Grand Prix d’Allemagne à Hockenheimring le 28 juillet 2019.

 

-    Daniel Ricciardo : quelle frustration pour le pilote australien. Lui, le protégé de Red Bull pendant sept saisons, avait besoin de couper le cordon avec l’écurie autrichienne, après s’être fait dominer par son jeune coéquipier, un certain Max Verstappen. Certes, aller chez Renault signifiait accepter de ne plus jouer la victoire pour un petit moment mais on s’attendait quand même à mieux. Malheureusement, celui qu’on avait l’habitude de voir avec le sourire ne peut pas tellement faire plus. Onzième avec seulement 22 points, la récolte est maigre.

-    Nico Hülkenberg : lui que l’on surnomme Hulk, doit au moins rire jaune s’il ne voit pas tout en noir cette saison. L’année dernière, il n’avait pas vu l’arrivée sept fois mais quand la voiture fonctionnait, elle était performante. Pas étonnant qu’avec une voiture toujours en manque de fiabilité, il piétine à la quatorzième place, avec 17 points. Il n’imaginait certainement pas se retrouver à cette place au début de l’année. Encore moins perdre son baquet  l’an prochain au profit du Français Esteban Ocon qui vient de signer chez Renault pour à priori deux ans.

Ferrari : 13/20

Où est passé la Scuderia Ferrari qui ne faisait aucune erreur ou en tout cas moins que ses rivaux ? Avec des pilotes qui en commettent aussi et une voiture qui manque de performance, voir la marque au cheval cabré être aussi distancée n’est rien d’autre qu’un résultat logique. Et c’est frustrant ! Car pour une fois, elle a fait le pari d’engager un jeune pilote. Un pari qui fait du bien dans un sport où on se demande de plus en plus si c’est le talent qui compte ou l’argent. Frustrant aussi car on s’attendait à ce que Sebastian Vettel, vice-champion du monde en 2017 et 2018, puisse encore titiller Hamilton. Malheureusement, beaucoup trop d’erreurs de l’écurie et de ses pilotes font qu’aujourd’hui, la deuxième place au classement constructeur est loin d’être assurée. Un 13/20 décevant mais la Scuderia a de la ressource, il suffit juste qu’elle sache où la chercher.

 

PHOTO 5 bien

Photo : Marck Sutton / Sutton Images. Charles Leclerc dépasse Sebastian Vettel lors du Grand Prix de Bahreïn le 31 mars 2019.

 

-    Sebastian Vettel : on a l’impression que le pilote allemand n’y est plus. Quatrième au classement pilote, des erreurs bêtes, il vit ce qu’a vécu Fernando Alonso il y a cinq ans. Vice-champion du monde en 2012 et 2013, il avait connu une saison 2014 compliquée, l’amenant à quitter la Scuderia. Est-ce la dernière saison chez Ferrari pour Vettel ? Si oui, chez qui irait-il ? Aujourd’hui, il est prévu qu’il reste chez les Rouges mais les rumeurs persistantes d’un départ à la retraite en fin de saison laissent planer le doute. Il faudra très certainement attendre le dernier Grand Prix pour avoir les réponses.

-    Charles Leclerc : vivement qu’il remporte son premier Grand Prix. On y a cru à deux reprises. Malheureusement, un problème mécanique à Bahreïn et un pilotage trop tendre en Autriche l’ont pour l’instant empêché de monter sur la plus haute marche. C’est sans doute ce qui aura poussé le Monégasque à commettre quelques erreurs, comme sur ses terres où il a clairement surconduit. Terriblement frustrant pour ce jeune talent. Mais Ferrari lui fait confiance (NDLR il est sous contrat jusqu’en 2022), ce qui va lui permettre de continuer à apprendre et surtout de gagner. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

Photo : Joe Portlock / LAT Images. Le Grand Prix de Monaco à Monte Carlo le 26 mars 2019.

Derniers articles