Championnat 2019 de Formule 1 : on profite de la pause estivale pour faire le point

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FORMULE 1 - Alors que le drapeau à damier a été brandi douze fois depuis mars et le Grand Prix de Melbourne, la rédaction sport de Fréquence ESJ se propose de décortiquer ce premier acte de l’exercice 2019. Retour sur ce qu’il faut retenir.

 

La domination de Mercedes

La saison 2018 à peine terminée, tout le monde savait que Mercedes serait l’écurie à battre cette année. Ce n’était pas une surprise et si les essais hivernaux pouvaient laisser place à des doutes, la firme à l’étoile les a balayé en cinq Grands Prix. C’est bien simple, de l’Australie à l’Espagne en passant par Bahreïn, la Chine et l’Azerbaïdjan, l’écurie allemande a signé à chaque fois le doublé, un record, faisant ainsi carton plein. En cinq Grands Prix, Mercedes a dégoûté la concurrence grâce à ses pilotes, la fiabilité de ses monoplaces et des stratégies dont Ferrari ferait bien de s’inspirer. Aujourd’hui avec 438 points contre 288 pour Ferrari et 244 pour Red Bull, l’écurie file tout droit vers son sixième titre constructeur consécutif.

 

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Photo: Steve Etherington / LAT Images. Valtteri Bottas remporte le Grand Prix d’Azerbaïdjan le 28 avril 2019. 

 Des courses exceptionnelles

Que faut-il faire pour redonner aux spectateurs et téléspectateurs l’envie de voir des Grands Prix ? C’est aujourd’hui le cheval de bataille de la Formule 1 (F1). Et on ne va pas bouder le plaisir d’avoir eu le droit cette année à quelques courses exceptionnelles. On en retient six :

-    Grands Prix de Bahreïn : la malchance du prodige. Charles Leclerc, protégé de Ferrari, qui a dominé les qualifications et la course, voit sa première victoire en F1 s’envoler suite à un problème mécanique au profit de Lewis Hamilton. Ce n’est que partie remise pour le Monégasque.

-    Grands Prix de Monaco : les rails salvateurs. Lewis Hamilton remporte l’une des courses les plus éprouvantes de sa carrière, à cause d’un certain Max Verstappen. Il s’est retrouvé totalement collé dans sa boîte de vitesse durant 66 tours sur les 78 de la course. Heureusement pour l’Anglais, les rails du circuit rendent les déplacements quasi impossibles.

-    Grands Prix du Canada : la polémique du 48e tour. Gagner une course en franchissant la ligne d’arrivée en deuxième, qui l’aurait cru ? Il fallait attendre d’être au pays de la feuille d’érable pour le voir. Au 48e tour, Sebastien Vettel, pourchassé par Lewis Hamilton, rate son freinage, se retrouve dans l’herbe, glisse et retourne en piste devant ce dernier. Les commissaires de course le pénalisent de cinq secondes. L’Allemand conteste cette décision et son rival anglais, partageant probablement cet avis, l’invite à grimper avec lui sur la plus haute marche du podium.

 

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 Photo: Zak Mauger / LAT Images. Sebastian Vettel et Lewis Hamilton au coude à coude lors de l’incident du 48e tour au GP du Canada le 9 juin 2019. 

 

-    Grands Prix d’Autriche : Un taureau nommé Verstappen. Sur le circuit de Spielberg, appelé aussi Red Bull Ring, l’écurie de la boisson énergisante est sur ses terres. Après un départ raté, le pilote star de l’écurie, Max Verstappen, passe de la deuxième à la neuvième place. La suite est juste un chef d’œuvre du jeune Néerlandais qui petit à petit remonte pour finalement ravir la victoire à Charles Leclerc, qui va encore devoir attendre pour son premier succès.

-    Grands Prix d’Allemagne : la météo en arbitre. Parfois, il suffit juste d’une météo capricieuse pour qu’une course de F1 devienne un régal. Après 78 arrêts aux stands, des tours d’équilibristes et des sorties de pistes, c’est finalement Max Verstappen qui l’emporte devant Sebastian Vettel parti… dernier. La belle surprise vient de la direction de course. Elle qui a l’habitude de materner à l’excès les pilotes a fait preuve d’intelligence en les laissant montrer ce qu’ils savent faire de mieux : rouler le plus vite possible.

-    Grands Prix de Hongrie : Mercedes chirurgical. Alors que Max Verstappen avait signé la première pole position de sa carrière la veille et qu’il mène solidement le Grand Prix le dimanche, Mercedes va rappeler au Néerlandais ô combien il est difficile de rouler devant, avec une stratégie venue d’ailleurs. Lewis Hamilton, qui ne trouve pas l’ouverture en piste, est appelé aux stands pour changer ses pneus. Ressorti à plus de vingt secondes du leader, l’Anglais va d’abord douter de cette stratégie très offensive, avant d’en récolter les fruits. Il croque aisément le pilote Red Bull, qui agonise avec ses pneus complètement usés. Échec et mat.

Des disparitions

 Le 14 mars, avant même que la saison ne reprenne ses droits, Charlie Whiting, l’emblématique directeur de course depuis 1997 quittait ce monde, suite à une embolie pulmonaire. Connu pour sa force de travail, son humour et son sens de la pédagogie, il était l’un des piliers de la F1, toujours à l’écoute des pilotes. Il avait 66 ans.

 

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Photo: Glenn Dunbar / LAT Images. Les pilotes rendent hommage à Niki Lauda, disparu six jours plus tôt, au Grand Prix de Monaco le 26 mai 2019. 

 

Le 20 mai, Une autre figure importante de ce sport retrouvait les Rindt, Senna et Bianchi : Niki Lauda et ses trois titres de champion du monde conquis en 1975, 1977 et 1984. Le premier pilote à payer pour rouler. Lui, le miraculé qui survécut aux flammes au Nürburgring et qui reprit le volant seulement six semaines plus tard. On retient également sa rivalité avec l’Anglais, James Hunt, que le réalisateur Ron Howard adaptera sur les écrans avec le film Rush. « L’ordinateur », en plus de ses qualités de pilote, était doté d’une force de caractère et d’un franc-parler apprécié au sein de Mercedes, dont il était le président non-exécutif de 2012 à sa mort. Niki Lauda, c’est 13 saisons en F1, 171 Grands Prix, 24 pole positions, 25 victoires et 54 podiums. Il avait 70 ans.

Le point sur les transferts

Seule McLaren a confirmé sa paire de pilotes pour l’an prochain. On reverra donc Carlos Sainz et Lando Norris en 2020. Pour les autres, rien n’est officiel mais chez Mercedes, Lewis Hamilton et Valtteri Bottas devraient être reconduits, tout comme Sebastian Vettel et Charles Leclerc (Ferrari), Daniel Ricciardo et Nico Hülkenberg (Renault), Kimi Räikkönen et Antonio Giovinazzi (Alfa Romeo), Max Verstappen (Red Bull), Kevin Magnussen (Haas) et Lance Stroll (Racing Point).

Red Bull se laisse encore le temps de choisir son deuxième pilote. Entre Daniil Kvyat (Toro Rosso), Pierre Gasly, rétrogradé chez l’écurie sœur Toro Rosso et Alexander Albon promu chez Red Bull, les prochaines courses détermineront les deux paires pour la saison prochaine. L’avenir de Romain Grosjean, quant à lui, n’est pas certain chez Haas. Tout dépendra de ses performances. Sergio Perez, qui ne croit plus en Racing Point, souhaiterait partir et serait bien tenté par sa place. Chez Williams, le jeune George Russell fait bonne impression mais n’a pas encore de contrat pour 2020. Robert Kubica, qui manque cruellement de performance, devrait lui s’arrêter là.

 

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Photo:  Steven Tee / LAT Images. Max Verstappen célèbre sa victoire au Grand Prix d’Allemagne le 28 juillet 2019. 

Le début de saison en chiffres

1 - Max Verstappen est parti pour la première fois de sa carrière en pole position au Grand Prix de Hongrie. C’est aussi le premier Néerlandais a réalisé cette performance.

70 - Depuis sa création en 1950, la saison 2019 de F1 est la 70e de l’histoire. Une seule écurie n’en a manqué aucune : la Scuderia Ferrari.

90 - La Scuderia Ferrari, créée par Enzo Ferrari à Modène (Italie), fêtera ce 1er décembre 2019 ses 90 ans.

100 - Max Verstappen, en signant le meilleur temps des qualifications, est devenu le 100e pilote à partir premier.

125 - Le 19 juillet 1894, 21 concurrents avaient pris le départ de Paris, porte Maillot, pour rejoindre Rouen trois jours plus tard. Ce qui est considéré comme la toute première course automobile a donc fêté ses 125 ans cette année.

200 - Au Grand Prix d’Allemagne, Mercedes a fêté sa 200e course en F1.

1000 - Le Grand Prix de Chine était le 1000e de l’histoire de la F1.

Point bonus - Attribué durant les dix premières saisons de F1, le point bonus avait disparu pour être réintroduit cette année, récompensant le pilote établissant le meilleur tour en course.

 

Photo :Andy Hone / LAT Images. George Russell durant le Grand Prix de Barheïn le 29 mars 2019.

 

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