Opération coup de poing de Jeudi Noir contre les vendeurs de listes

Écrit par Pierre DUMAZEAU le .


jeudi noir 2REPORTAGE - Le collectif Jeudi Noir, créé en 2006 afin de dénoncer le prix et le manque de logements dans la capitale s’est attaqué samedi à une agence spécialisée dans la vente de listes d’appartements, pratique dénoncée il y a quelques jours par l’UFC Que-choisir, qui a déposé plainte. Le collectif a trouvé portes closes dans deux agences du quartier au courant de l'opération en cours. La troisième tentative fût la bonne. 

C’est en plein cœur de Paris, dans le IIIème arrondissement, que le collectif a mené une action coup de poing. Une vingtaine de participants, déguisés pour la plupart mais tous armés de confettis, mégaphone et champagne, se sont introduits dans une agence immobilière dite «de listes», BonApart.fr. Surpris et énervés, les deux employés qui se trouvaient dans l’agence n’ont pas été violents, préférant appeler la police. Cette dernière, une fois sur place, n’est pas intervenue, et s'est positionnée de l'établissement pour prévenir d'éventuelles dégradations.  

«220€ la liste alors que le journal PAP coûte 2,95€ pour le même contenu»

jeudi noir 1Munis de haut-parleurs, les membres du collectif Jeudi Noir ont demandé au gérant le prix d’une liste. Après le prix annoncé de 220€, les membres exultent. "Voilà l''agence immobilière toute pourrie qui vend des listes à 220 euros pour payer le salaire de ce monsieur", hurle un militant dans un mégaphone. L’un des agents immoblier tente de se défendre : «Qu’il y ait des gens mécontents c’est une chose, mais on vérifie tous les jours la validité des biens», plaide-t-il dans un brouhaha continu. Une déclaration qui provoque alors l’hilarité générale parmi les militants. La «fête» continue entre confettis et champagne débouché dans l’agence. Le dialogue a du mal à s’installer entre employés et membres du collectif, les deux camps étant campés sur leurs positions.

«L’agence ne peut être tenue responsable en cas de renseignements erronés»

C’est écrit noir sur blanc sur le contrat de cette agence de listes. Lu à voix haute par l’un des membres du collectif, la tentative de justification du vendeur semble vaine. «Ca fait cinq ans que l’on dénonce les escrocs comme vous», lance un membre du collectif, «votre contrat est bien rédigé, ça vous protège de tout». En tout, l’opération à l’intérieur de l’agence aura duré une grosse demi-heure.

jeudi noir 3Interrogé par Fréquence ESJ, l’employé de BonApart.fr se justifie. «C’est de la diffamation. Je n’ai pas appelé la police pour les faire dégager, mais j’ai eu peur pour mon matériel. Quand les gens ne sont pas contents, je les aide au maximum. On fait un effort de remboursement. Notre contrat type est fait par un avocat.»

Présente sur les lieux, la police n'a procédé à aucune arrestation. Le cortège s’est dissipé après avoir dansé quelques instants dans la rue en face de l’agence. Le collectif Jeudi Noir, habitué des coups médiatiques, avait promis dans leur communiqué de «retourner une agence façon équipe de handball après Jeux olympiques». 

Photos Tristan Quinault Maupoil

Pierre DUMAZEAUJournaliste politique

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