Arnaud Dassier mis en examen suite à... un tweet

Écrit par Tristan QUINAULT MAUPOIL le .


Arnaud Dassier1JUSTICE - Arnaud Dassier, soutien de François Bayrou et entrepreneur sur internet, a été mis en examen hier. Quelques mois plus tôt, Ramzi Khiroun, le conseiller communication de Dominique Strauss-Khan avait porté plainte contre lui.

C'est la première fois qu'un tweet aboutit à une telle procédure. Le 14 mai dernier, en pleine "affaire DSK", Arnaud Dassier avait pointé du doigt les différentes fonctions de Ramzi Khiroun. En effet, ce dernier est à la fois le conseiller en communication de l'ancien directeur du FMI mais aussi le conseiller d'EURO RSCG (l'entreprise responsable de la communication de DSK), tout en ayant des fonctions directives dans le groupe Lagardère. 

Dès la publication du tweet d'Arnaud Dassier, qui avait fait le tour d'internet, Ramzi Khiroun avait annoncé une plainte en diffamation. D'autres médias étaient mis en cause.

"Procédure ridicule"

Arnaud Dassier n'est pas surpris. "La mise en examen est automatique dans les procédures de plainte pour diffamation" explique-t-il à Fréquence ESJ. Il ajoute: "j'aurais préféré m'éviter, et éviter à la justice cette procédure ridicule".  La justice "manque déjà de temps pour traiter des affaires beaucoup plus importantes" juge-t-il.

Arnaud Dassier 2Arnaud Dassier est connu sur internet pour avoir été en charge de la campagne web de Nicolas Sarkozy en 2007. Aujourd'hui engagé auprès de François Bayrou, il a participé au lancement du site Atlantico.fr. Régulièrement, il expose ses positions en faveur de la liberté d'expression sur internet.

"Les "puissants" qui se croient intouchables ont du mal à supporter que des citoyens puissent les interpeller avec un certain écho grâce à des outils comme Twitter. Ces plaintes en diffamation ont pour but de les intimider pour les faire taire" affirme-t-il.

"Heureux d'avoir l'occasion de défendre la liberté d'expression"

Arnaud Dassier n'est pas optimiste quant à la liberté d'expression sur internet: "nous sommes malheureusement dans un pays qui s'habitue à limiter la liberté d'expression et qui multiplie les lois pour interdire l'usage de certains mots."

Selon lui, "la vérité ne peut émerger, et les mauvaises idées ne peuvent être combattues, que dans un débat libre. Visiblement, il ne regrette pas ce tweet et affirme être "heureux d'avoir l'occasion de défendre la liberté d'expression, et fier que d'être le premier à pouvoir le faire pour un outil aussi extraordinaire que Twitter."

Tristan QUINAULT MAUPOILJournaliste

Rédacteur en chef de Fréquence ESJ

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