La France, mauvais élève de l'égalité des sexes
La France derrière le Kyrgystan, la Mongolie ou le Burundi pour la place des femmes dans la société. On a du mal à y croire et c'est pourtant ce que nous apprend l'ONG World Economic Forum dans son Global Gender Gap Report. L'étude, publiée chaque année depuis 2006, compare les différences de traitement entre les femmes et les hommes sur le plan économique, politique, éducationnel et d'accès au soin. L'organisation calcule pour chaque pays un ratio de différenciation. Plus la note est proche de 1, moins les inégalités entre les sexes sont importantes. La France, avec un ratio de 0,6984, se classe au 57ème rang mondial.
Les femmes peinent à accéder aux postes à responsabilité
Sur le plan de la santé et de l'éducation, rien à redire. Notre pays est premier ex-aequo pour ces deux sujets. Lorsqu'il s'agit de politique et de salaire, en revanche, c'est là que le bas blesse. En termes de participation des femmes à l'économie, le pays des Lumières chute à la 62ème place. Et il est 63ème quand il s'agit de féminisation de la politique. Le rapport souligne que le ressenti des femmes concernant l'inégalité salariale impacte le ratio hexagonal. Du point de vue politique, le mauvais résultat doit être nuancé. L'étude a été faite sur les bases du précédent gouvernement et il est fort à parier que la nouvelle parité entre les ministères fera gagner quelques points à notre pays lors des prochaines éditions.
L'Europe du Nord, première de la classe
Du côté des bons élèves, on retrouve sans surprise les pays nordiques, habitués aux premières places lorsqu'il s'agit des sujets de société. L'Islande est première, pour la quatrième année consécutive, talonnée dans l'ordre par la Finlande, la Norvège et la Suède. L'ONG explique ces bons résultats par une action sur le long terme dans ces pays. Ils furent parmi les premiers à donner le droit de vote aux femmes. Sur le marché du travail, leur législation est en pointe en matière d'équilibre entre vie privée et vie professionnelle et ils ont mis en place des mécanismes impliquant plus les pères dans l'éducation des enfants.
Des raisons d'espérer
Pour ce qui est de la progression, le tableau est contrasté. En 6 ans, la France a amélioré son ratio de 7% et est passée de la 70ème à la 57ème place. Mais le classement est fortement tributaire de la composition gouvernementale. En 2008 et 2009, alors que le gouvernement Fillon était paritaire, le pays occupait les 15ème et 18ème places. Depuis, la situation ne cesse de s'aggraver. Le ratio 2012 est le plus mauvais après celui de 2006. Le tableau n'est pas noir pour autant, il existe des raisons d'être optimiste. D'abord, les bons résultats en terme d'éducation permettent l'avènement d'une classe de femmes dirigeantes. Reste à leur laisser la place qui leur revient. De ce point de vue, nos gouvernants prennent petit à petit conscience du travail à fournir. En témoigne le récent séminaire gouvernemental, organisé par Najat Vallaud-Belkacem, visant à sensibiliser les ministres au sujet de l'égalité entre les sexes.

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