• Slide FESJ 2015

Younous Omarjee : « L’État a toujours tenu sa position de neutralité concernant la Nouvelle-Calédonie. Il faut continuer »

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INTERVIEW/VIDEO - Younous Omarjee, député européen, était notre invité de « 20h, l'invité» ce mardi 27 mars. Ensemble, nous sommes revenus sur son parcours et l’actualité politique de la semaine. Parmi les sujets abordés : la grève du service public, le référendum en Nouvelle-Calédonie, les attentats et son rapprochement avec la France Insoumise.

 

Ce week-end, le changement d’heure a eu lieu. Nous avons avancé d’une heure. Mais le débat sur l’utilité de ce changement d’heure est ouvert. Beaucoup de politiques mais aussi de scientifiques démontrent que le changement d’heure ne serait plus d’utilité. La Commission européenne devrait élaborer un rapport pour soumettre cette proposition au Parlement européen. « J’attends les résultats de la Commission européenne pour m’exprimer sur le sujet » tient à faire savoir Younous Omarjee.

« Une alliance entre Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon n’est pas impossible mais compliquée »

Younous Omarjee est politique depuis plusieurs dizaines d’années. Mais il a rejoint la France Insoumise en avril 2017 lors de l'élection présidentielle. Younous Omarjee est bien évidemment proche des idées de la gauche et connaît le président de La France Insoumise depuis plusieurs années. « Tout m’a attiré à La France Insoumise. Les idées, les valeurs. Mais c’est essentiellement la question écologique qui m’a convaincu » souligne le député européen de la circonscription des Outre-Mer. De plus, « Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise sont les seuls à avoir placé les outre-mer au cœur du débat » ajoute-il.

 

L’ancien candidat PS à l’élection présidentielle, Benoît Hamon a d’ailleurs proposé ce dimanche 25 mars aux dirigeants de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, d’aller ensemble dans les moyennes villes pour défendre les services publics. Mais alors, une alliance est-elle possible entre les deux hommes ? « Une alliance entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon n’est pas impossible mais compliquée » explique Younous Omarjee. La cause est simple : selon lui, il y a un « problème de fond, trop de divergence » entre les deux hommes. Selon le député européen, Benoît Hamon ne « rompt pas assez avec les instances ». Il est « important d’aboutir le traité sur la stabilité budgétaire. François Hollande l’avait promis, et il ne l’a pas fait. » ajoute-t-il.

« Je ne peux pas m’exprimer sur l’efficacité du système de Fiche S »

Ce vendredi 23 mars, la France a de nouveau subit un attentat. A Trèbes, quatre hommes ont perdu la vie. Le terroriste était pourtant Fiché S. Alors ce système est-il efficace ? Sur ce sujet, Younous Omarjee se veut franc et direct : « Je n’ai pas en main toutes les informations pour pouvoir m’exprimer sur ce sujet ». Mais le député européen reste convaincu qu’il est nécessaire d’avoir un système de surveillance. Cependant, « on ne peut pas, sur la base d’un soupçon, prendre des mesures qui limiteraient la liberté individuelle d’un individu. Il faut des preuves » explique Younous Omarjee. Suite à ce tragique événement du 23 mars, certains hommes politique de droite ont demandé la démission de Gérard Collomb, ministre de l’intérieur. « Il faut arrêter. Ce n’est pas de sa faute. Ce genre de réflexion abaisse la parole politique » conteste Younous Omarjee.

« Le gouvernement essaye de libéraliser un peu plus chaque secteur du pays »

Le service public est en plein mouvement de grève. Younous Omarjee n’apprécie pas le vocabulaire employé pour décrire ce mouvement. Notamment le terme « prise d’otage des utilisateurs ». « C’est un droit de défendre ses droits et de faire grève » se défend Younous Omarjee. Selon le député européen, « la France est en train d’être vendue à la découpe ». Sans oublier que « tout ce qu’ont acquit les cheminots, c’est grâce à de nombreuses luttes » rappelle-t-il. Younous Omarjee et de nombreux hommes politiques sont face à un constat : « le gouvernement essaye de libéraliser un peu plus chaque secteur du pays ». Le député européen conteste un autre aspect : « le gouvernement ne cesse de porter la responsabilité sur les plus fragiles. »

« En Nouvelle-Calédonie, on marche sur des œufs »

Une consultation sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté est prévue pour le 4 novembre 2018. Mais un compromis sur la question posée fait surface. Doit-on employer le terme d’ « indépendance » ou de « pleine souveraineté » ? Pour Younous Omarjee, le choix est clair et simple : « ce n’est pas à nous de nous prononcer. L’État a toujours tenu sa position de neutralité et il faut continuer ». De plus, chaque territoire d’Outre-Mer a sa propre histoire et il ne faut pas en faire un cas général. « Certains territoires, comme Mayotte ont voulu être rattaché à la France. D’autres, comme la Nouvelle-Calédonie ne sont plus aussi déterminé ». La situation en Nouvelle-Calédonie se complexifie. « Là-bas, on marche sur des œufs, il faut être prudent à comment la situation est prise » assure le député européen. Mais quoi qu’il en soit, Younous Omarjee tient à clarifier les choses : « Si le « non » l'emporte, une dernière consultation est déjà prévue ». Réponse le 4 novembre prochain.

Regardez l'émission en vidéo

Photo : Fréquence ESJ / Lucas Pierre

 

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