En meeting à Bercy, Emmanuel Macron tente de relancer sa dynamique

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PRESIDENTIELLE/MEETING - À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat d’En Marche tenait en ce lundi de Pâques, son dernier grand meeting parisien à l'AccorHotels Arena. L’occasion de donner un coup d’accélérateur à sa campagne.

Emmanuel Macron était en meeting, lundi à Bercy, devant près de 20.000 personnes selon les organisateurs. S’il reste favori des sondages avec Marine Le Pen, le candidat d’En Marche a baissé de quelques points ces derniers jours. À l’approche du premier tour de scrutin, il a voulu frapper un grand coup. Dans la tribune VIP de l'AccorHotels Arena, on pouvait apercevoir Robert Hue, Jacques Attali, Cédric Villani ou encore Catherine Laborde qui étaient venus le soutenir. En attendant le début du meeting, la salle de Bercy prend presque des allures de boite de nuit, musique à fond, jeu de lumière. Sur les écrans géants, on lit : « Vous êtes filmés, montrez avec qui vous marchez ! » , puis une caméra s’arrête au hasard sur des personnes du public comme lors des matchs de basket au Etats-Unis. Des familles, des amis, des couples hétéros ou gays qui s’embrassent sous les applaudissements de la salle.

Fillon et Le Pen hués

C’est le président du Rugby Club Toulonnais Mourad Boudjellal, nouveau soutien d’Emmanuel Macron, qui est le premier à prendre la parole : « J’ai décidé de m’engager aux cotés d’Emmanuel Macron, parce que c’est celui qui a un esprit de conquête ». Si beaucoup parlent de « vote utile » contre le Front National, l’orateur a voulu faire passer un message : voter pour Emmanuel Macron est un vote d’adhésion, et non un vote contre. Mourad Boudjellal lance alors un « pour ! pour ! pour… » repris en cœur par les soutiens. Puis c’est au tour de Richard Ferrand, député socialiste de prendre la parole. Il critique François Fillon qui a selon lui « définitivement perdu toute autorité morale » et Marine Le Pen qui veut « enterrer la France dans un terrier mortifère », malgré son appel au calme, le public n’a pu s’empêcher de huer les deux candidats à l’élection présidentielle.

« En même temps… »

Les bras levés, Emmanuel Macron salue longuement la foule. « Est-ce que vous entendez le murmure du printemps ? Le bruit d’une page politique en train de se tourner » lance le candidat qui a prononcé un discours d’une heure et demi. « Je veux que chacun à un moment de sa vie, puisse avoir une nouvelle chance. Il faudra en même temps vivre, travailler et apprendre ». En plein discours, le candidat s’interrompt, « Excusez-moi, vous l'avez noté, j'ai dit "en même temps" ». Les soutiens scandent à leur tour « en même temps, en même temps... ». Il a souvent été reproché à Emmanuel Macron d’utiliser abusivement la formule « en même temps » ce qui accréditerait sont incapacité à trancher, et lui ferait avoir un discours trop flou.  Il se justifie : « Je continuerai à employer "en même temps" dans mes phrases et dans ma pensée. Je choisis la liberté et égalité, croissance et solidarité, entreprise et salariés, la gauche, la droite et le meilleur du centre ».

Dimanche, « la France a rendez-vous avec ce qu’elle a de meilleur en elle » affirme Emmanuel Macron « la confiance contre la défiance, l’unité contre la division, la lucidité contre les chimères, la générosité contre la cupidité, l’espoir et le courage contre la résignation ». Il prétend être seul face à dix autres candidats qui ramèneraient le pays vers le passé et attaque ses concurrents les plus sérieux. « Pour certains, ce sera Cuba sans le soleil ou le Venezuela sans le pétrole » lance t-il en visant Jean-Luc Mélenchon. « D’autres voudraient nous enfermer dans un choix simple, Margaret Thatcher ou Trotski, Fidel Castro ou Maurras" poursuivi t-il faisant allusion à François Fillon et Marine Le Pen. Emmanuel Macron a aussi égrainé quelques propositions sur l’éducation, la réduction du nombre d’élèves par classe, une nouvelle réforme des collèges avec le retour de l’enseignement du latin. L’écologie qui sera réconciliée avec l’économie. Ou encore le travail, le candidat promet un investissement de 15 milliards d’euros pour former ceux qui n’ont pas de travail.

Photo : Samuel Cincinnatus/Fréquence ESJ

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