Campagne de Bayrou: pour Jean-Luc Bennahmias, c'est plié

Écrit par Tristan QUINAULT MAUPOIL le .


Jean luc Bennahmias photo Tristan Maupoil

INTERVIEW - A l'issue du meeting de François Bayrou au Zénith, le vice-président du Mouvement Démocrate exprime ses doutes sur la campagne de François Bayrou.  Jean-Luc Bennahmias prend également ses distances sur la proposition de non-cumul partiel des mandats pour les sénateurs. Le député européen répond aux questions de Fréquence ESJ. 

Fréquence ESJ: Pensez-vous que François Bayrou peut rattraper son retard et arriver au second tour ?

Jean-Luc Bennahmias: Sur 28% non. Si les autres baissent, il peut en attraper oui. A 28% il n’y aura pas trois candidats. Il resterait très peu pour les autres. Avec les aléas de la campagne, ça peut bouger, maintenant actuellement, si on sentait une vraie progression de François Bayrou dans les trois à quatre jours qui viennent, c’est à dire au delà des 12 à 13% qui sont de la stagnation, de la stabilisation dans les sondages, je crois que c’est possible. On va voir.

Vous avez l’air moins confiant que François Bayrou.

Je ne suis pas confiant. Il a entièrement raison, lui, de penser qu’il faut jouer jusqu’au bout. Moi je jouerais jusqu’au bout mais enfin je sais compter et lui il croit en son étoile. Il a bien raison, moi je regarde les choses comme elles sont : trois candidats à 28% en France, ça n’existe pas, ce n’est pas possible. Les autres seraient à 22 / 23, je dirais qu’il y a des éléments de possibilités. Là aujourd’hui s’il n’y en a pas un qui chute ou si les deux ne chutent pas…

Vous attendez la chute d’un des favoris ?

Jean luc Bennahmias photo Tristan Quinault Maupoil 2

J’attends de voir. Pour le reste, les 12 ou 13% de François Bayrou, surtout s’ils augmentent considérablement, permettent de jouer un rôle d’importance dans la société et la vie politique française. 

François Bayrou a écrit un large chapitre dans son discours sur le thème de l’insécurité, s’adapte-t-il au contexte ?

Pas du tout. J’ai été maire adjoint à la sécurité publique, tout le monde s’occupe de la sécurité. Le baratin ‘c’est la droite qui s’occupe de la sécurité, les autres ne s’en occupent pas’ c’est un baratin total. Tous les maires, tous les conseillers généraux, tous les élus de la République savent très bien que par rapport à leurs concitoyens,  la sécurité est un élément important de la vie sociale dans notre pays.

Il y a t-il un retour du thème de l’insécurité dans la campagne ?

Non, non, non ! Pas plus que ça. Par contre sur le fait d’avoir des bouts de cités, des bouts de la société ou depuis maintenant près de dix ans, depuis la chute du mur de Berlin en 1989, depuis la chute de l’Union Soviétique, les ventes d’armes dans l’Europe entière et dans le monde entier sont quelque chose de non-contrôlé, oui c’est un vrai sujet.

François Bayrou a annoncé qu’il voulait imposer le non cumul du mandat pour les députés, mais que pour les sénateurs il serait uniquement limité. C’est parce que ses soutiens sont principalement des sénateurs ?

Ca me paraît difficile.

Alors pourquoi propose-t-il cette idée ?

Je n’en sais rien. Demandez lui, moi je n’en sais rien. J’en discuterai avec lui et ça sera la même chose pour les députés et les sénateurs. C’est impossible d’avoir pour les sénateurs des choses différentes que pour les députés. C’est absolument incompréhensible

Tristan QUINAULT MAUPOILJournaliste

Rédacteur en chef de Fréquence ESJ

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