Luc Chatel: "cette élection est une opportunité pour l’UMP"

Écrit par Pierre DUMAZEAU le .


Luc Chatel INTERVIEW - L'ancien ministre de l'Education Nationale, Luc Chatel, était jeudi soir dans le XVIIIe arrondissement de Paris pour un meeting avec Jean-François Copé. Le libéral soutient le député-maire de Meaux pour prendre la présidence de l'UMP. A l'heure où "le PS est en train d’organiser de manière totalement fermée la succession de Martine Aubry", Luc Chatel juge que Jean-François Copé est "conquérant" et dénonce le "microcosme" qui pense que l'élection est déjà jouée. 

Fréquence ESJ: C'est important pour vous d'encourager une nouvelle génération UMP (Pierre-Yves Bournazel) dans ce fief de la gauche?

Luc Chatel - C’est un symbole que de considérer qu’il n’y a pas d’élection perdue d’avance, jamais. Vous savez moi en 18 ans de vie publique, je me suis présenté à 11 élections, j’en ai gagné 6 j’en ai perdu 5. On perd parfois mais on s'investit et le courage est toujours récompensé en politique. Ensuite c’est le symbole de se tourner vers l’avenir. C’est-à-dire qu’on a besoin de l’engagement des jeunes en politique, c’est eux qui doivent décider de leur avenir et l’UMP en souhaite une part plus importante en son sein. En tous cas c’est le choix de Jean-François Copé.

Jean-François Copé a déclaré ce soir qu'aucun homme de gauche a pris de grandes décisions pour la France. Vous êtes en accord avec ça ?

Oui, quand on regarde objectivement avec le recul, toutes les décisions structurantes, c’est-à-dire celles qui ont modernisé le pays, qui l’ont réformé en profondeur, qui l’ont adapté au monde d’auourd’hui ont été prises par des responsables politiques de droite.

Vous excluez certaines avancées sociales ou des sujets de société comme la peine de mort ?

Alors oui, moi par exemple il faut reconnaitre que pour une décision de ce type, j’aurais voté l’abolition de la peine de mort si j’avais été député à l’époque. Oui il y a eu quelques avancées sur le plan social grâce à des hommes de gauche mais les grandes décisions qui ont modernisé le pays, courageuses mais évidemment difficiles, elles ont effectivement souvent été prises par des hommes de droite.

Ce soir dans son discours, Jean-François Copé a taclé "la droite bien pensante". François Fillon ou Nathalie Kosciusko-Morizet doivent se sentir visés ?

Non ça ne cible pas une personnalité particulière, ça cible un état d’esprit.

Il ne ciblait personne en particulier ce soir ?

Il n’a cité personne et c’est davantage un état d’esprit, c’est-à-dire que le sujet, c’est de faire confiance à son instinct, à ses idées, de les porter plutôt que de faire confiance à un espèce de microcosme qui vit en milieu fermé à Paris dans certains quartiers. Vous savez moi je suis élu de province, de Chaumont, je suis député de la Haute-Marne, et ça fait du bien de s’ouvrir l’esprit. Quand on rentre dans son département, on reprend contact avec la réalité. Il y a un microcosme à Paris qui pense faire la vie politique française, et il se trompe.

Malgré les sondages vous croyez à la victoire de Jean-François Copé ?

Il est conquérant je pense que cette élection est une opportunité pour l’UMP. C’est important de débattre et de faire des choix sur l’orientation des hommes et sur le choix des idées. C’est ce qu’on va faire dans deux mois et je pense que c’est le signal, le symbole d’une démocratie moderne. Au moment où l’UMP s’engage dans un débat clair et précis avec ses militants, le PS est en train d’organiser de manière totalement fermée la succession de Martine Aubry. C'est donc un symbole.   

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