Roms: Dix élus de gauche soutiennent Valls

Écrit par Tristan QUINAULT MAUPOIL le .


Manuel Valls le 22 octobre 2011 à Paris - Photo Joel Saget AFPComme en 2010 lorsque Nicolas Sarkozy avait décidé d'expulser des centaines de Roms en plein coeur de l'été, le nouveau ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, doit affronter une polémique après sa décision de démanteler plusieurs campements de Roms. Mardi, dix élus signent une tribune dans Le Monde pour soutenir la politique du ministre de l'Intérieur tandis qu'un sondage conforte le gouvernement.

La polémique sur le traitement des Roms en France refait surface après le démentèlement, ces derniers jours, de plusieurs campements de Roms sur l'ensemble du territoire. Les écologistes, pourtant membres de la majorité, n'apprécient pas et "dénoncent vivement" les expulsions.  Les éditoriaux ne sont pas tendres. Audrey Pulvar a signé lundi un éditorial particulièrement critique dans Les Inrocks:  "Cher François, on n’a pas voté pour ça. Il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. A dans quelques semaines pour les images de grues démolissant les baraques des jungles du Calaisis ? Le changement, c’est maintenant qu’ils disaient."

De son côté, la Commission européenne a également annoncé vendredi avoir remis la France sous surveillance concernant les Roms, comme sous l'ère Sarkozy.

Face à cette avalanche de critiques, le nouveau ministre de l'Intérieur a pu compter mardi sur dix élus locaux qui ont apporté leur soutien à Manuel Valls dans une tribune signée dans Le Monde

"Etre élu local, c'est connaître avec précision cet impératif qui veut qu'une situation d'urgence trouve une réponse rapide (...) et élu de gauche, c'est vouloir mettre l'idée de justice au coeur de l'action publique. C'est à ce double titre que nous voulons apporter notre soutien à l'action du gouvernement", écrivent-ils. "En application de décisions de justice, le gouvernement vise à répondre à l'urgence, en procédant à des démantèlements de campements illicites de Roms", poursuivent les élus socialistes. 

"Activisme de façade de Nicolas Sarkozy"

Les élus veulent "faire taire les polémiques stériles, se prémunir contre les solutions trop simplistes et mettre un terme à toutes les instrumentalisations politiques". "Derrière l'activisme de façade de Nicolas Sarkozy rien n'a été fait pour apporter des solutions à la question préoccupante des campements", les élus locaux estiment qu'en "assumant ses responsabilités, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault entend que les choses changent".

Enfin, ils demandent que "des avancées bilatérales [soient] trouvées avec la Roumanie et la Bulgarie, afin d'agir dans ces pays pour que le départ des Roms vers un ailleurs ne soit plus une fatalité [et que] les institutions européennes [jouent] pleinement leur rôle avec un renforcement des dispositifs permettant une meilleure intégration des Roms". 

Un sondage Ifop publié mardi affirme que 80% des Français interrogés soutiennent ces démantélements même s'ils sont 73% à penser que cela ne règle pas le problème.

Manuel Valls a justifié mardi les expulsions de Roms vers leur pays d'origine, rappelant que "la loi prévoit l'éloignement" des "ressortissants européens ne pouvant subvenir à leur existence après trois mois de séjour".

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Les signataires de la tribune publiée dans Le Monde sont : Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, Jean-Pierre Blazy, député du Val-d'Oise, Luc Carvounas, sénateur du Val-de-Marne, Eugène Caselli, président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole, Gérard Caudron, maire de Villeneuve d'Ascq, Philippe Doucet, député du Val-d'Oise, Pierre Dubois, maire de Roubaix, Philippe Esnol, sénateur des Yvelines, Pascal Popelin, député de Seine-Saint-Denis, René Vandierendonck, sénateur du Nord. 

Tristan QUINAULT MAUPOILJournaliste

Rédacteur en chef de Fréquence ESJ

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