Marion Maréchal-Le Pen, «la mascotte» de l’Assemblée selon Jean-Marie Le Pen
POLITIQUE - Ce mardi après-midi, le FN connaît une certaine effervescence. Le parti compte deux nouveaux députés. La conférence de presse de Marine Le Pen se termine. Son père, Jean Marie Le Pen se tient à distance. Costume beige, chemise blanche sans cravate, il observe l’agitation qui secoue le siège du Front national. La salle se vide, les photographes cherchent Marion Maréchal-Le Pen, qui a déjà fui l’ouragan médiatique.
Le vieux tribun ne quitte pas la salle et se livre aux derniers journalistes présents. Aussitôt la discussion tourne autour de Marion Maréchal-Le Pen, sa petite fille, la nouvelle députée du Front. «Je suis frappé par son adaptabilité, elle s’est coulée dans le moule de la fonction», juge Jean-Marie Le Pen qui estime qu’elle «s’est révélée à elle même». Il poursuit: «Elle était réservée sur cette initiative (de se présenter aux législatives). Elle a été obligée de faire un choix entre sa candidature et ses examens. C’est un saut dans le vide. Elle a consulté sa mère, ses amis, gnagnagna», mime-t-il agacé par les tergiversations qu’elle a pu avoir. Il raconte comment il a persuadé Marion Maréchal-Le Pen de se présenter: «J’ai argumenté sur son devoir. J’ai demandé aux jeunes de s’engager, difficile à dire si nos propres jeunes ne s’engagent pas».
Le président d’honneur du FN n’est pas déçu par son insistance. Est-elle meilleure que Marine Le Pen ? «Les cuvées s’améliorent de génération en génération», répond Le Pen. «Elle est très douée, j’ai vu ses prestations à la télévision. Remarquable pour quelqu’un de 22 ans, bluffante», souligne le député européen qui raconte sa visite dans sa permanence de campagne: «Il y avait une trentaine de personnes, des jeunes gens très dynamiques, c’était très agréable», dit-il ému, avant de marquer un court silence.
"Elle est très gracieuse, elle bénéficie d’une sympathie naturelle"
«Je pense que oui, les gens ont voté pour le nom de Le Pen. Ça efface l’affaire de Carpentras». En 1990, un cimetière juif de Carpentras avait été profané. Des militants du FN avaient été accusés, avant d’être relaxés. Il continue: «Bien sûr que son nom a beaucoup joué. On trouve surprenant d’avoir des générations de Le Pen mais pourtant c’est courant dans les autres partis».
Jean-Marie Le Pen est optimiste sur la carrière de sa nouvelle protégée qui «représente l’espoir de toute une population». «Marion, je ne vais pas dire qu’elle sera le chouchou de l’Assemblée, mais la mascotte. Elle est très jeune, elle est très gracieuse, elle bénéficie d’une sympathie naturelle. Elle a l’âge des filles des députés, ou l’âge de leurs petites filles» souligne le grand père qui fête aujourd’hui ses 84 ans, ajoutant que «la valeur n’attend point le nombre des années». Il pointe tout de même le fait qu’elle ne bénéficiera que de «peu de marges de manœuvre».
Marion Maréchal-Le Pen siègera aux côtés de Gilbert Collard, élu avec le soutien du FN sans en être membre. «Collard, c’est un roublard, il y sera comme un poisson dans l’eau, c’est quelqu’un auprès de qui on ne se sent pas indulgent», dit-il rieur. Il ne serait pas opposé à sa venue dans la prochaine direction du Front, annoncée ce mardi par Marine Le Pen. «On a pas tellement d’élus, on peut se permettre de lui faire une place ! Il est légitime au bureau politique» du FN. Même chose pour Jacques Bompard (un député d’extrême droite exclu du FN il y a sept ans, NDLR) : «certainement pas» répond-t-il catégoriquement. À son propos il note que ce dernier «construit son petit nid, il fait une politique du Front».
"Nathalie Kosciusko-Morizet ferait une très bonne présidente"
Jean-Marie Le Pen, qui est en retrait depuis que sa fille est à la tête du parti qu’il a crée il y a 40 ans («J’y suis très attaché») se délecte encore à commenter la vie politique nationale. Jean-Luc Mélenchon: «Quand il n’est pas sur le ring, il est prêt à venir prendre un pot» avec les élus FN. «Il y a un contraste entre sa position de tribun et son personnage de sénateur». Il ironise autour de la bataille qui va avoir lieu autour de la présidence de l’UMP, notant que «Nathalie Kosciusko-Morizet ferait une très bonne présidente».
L'homme est assez peu optimiste sur la situation du pays, jugeant qu’elle «va s’aggraver dans tous les domaines, c’est sûr. Moi ce qui me préoccupe, c’est l’immigration. Si on ne met pas en place une stratégie, nous allons être submergés dans les années qui viennent, pas dans 50 ans».

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