François Lamy fait ses adieux à Palaiseau
REPORTAGE & INTERVIEW - Nommé ministre délégué à la ville le mercredi 16 mai dernier, François Lamy a signé, comme tous les autres membres du gouvernement, la charte de déontologie voulue par François Hollande. Le cumul des mandats est désormais prohibé. François Lamy a donc fait ses adieux samedi.
Maire de Palaiseau (Essonne) depuis onze ans, François Lamy a dû faire ses adieux à la ville et aux habitants. C’est lors de son dernier conseil municipal qu’il les a faits. La salle est remplie, une centaine de personnes est venue dire au revoir à leur maire et accueillir son remplaçant. Apres dix minutes de retard, François Lamy arrive et c’est sans attendre que les personnes présentes lui font une standing ovation de quelques minutes. Le conseil municipal commence alors. Le programme du jour : l’au revoir de François Lamy, l’élection du nouveau maire puis de ses adjoints. C'est Claire Robillard qui est élue maire. L’adjointe commence avec émotion « je regrette sa décision tout en comprenant ses raisons». Elle continue en lui souhaitant de réussir son mandat de ministre comme il a réussi celui de maire. Elle lui cède finalement la parole avant de déclarer «je suis fière d’avoir travaillé avec toi, merci François et bon vent».
Un partage continuel
Les remerciements commencent alors. François Lamy n’oublie personne, il tient à remercier le plus de personnes possible. Et a commencé par les palaisiens et en particulier ceux présents ainsi que les maires des autres communes qui sont également là. Beaucoup d’émotion submerge le ministre à l’idée d’abandonner son fauteuil de maire.
Après cette longue partie de remerciements, François Lamy revient sur ses onze années à la tête de la mairie et de la ville. Selon l'ancien maire, la ville de Palaiseau est maintenant montrée en exemple. Palaiseau est riche d’une « mixité sociale, mixité des habitations. La ville est ouverte, c’est une ville communautaire». Mais rien ne va changer pour le nouveau ministre, il continuera à vivre dans cette ville. Mais plus que tout, il essayera de partager des moments avec les habitants. Parce qu’après tout, «être maire, c’est des rencontres et des moments de partage». Choses qu’il ne veut pas perdre même s’il n’est plus maire. Avant son départ, il a tenu à exprimer son contentement sur la gestion rigoureuse qui a fait « qu’on n’ait pas touché aux impôts depuis 2001 ». Et que grâce à cela, la gauche a «démontré depuis longtemps que dans une ville on peut changer on peut mettre en œuvre ses conviction et ses valeurs tout en ayant une gestion rigoureuse des deniers publics».
François Lamy a accepté de revenir rapidement pour Fréquence ESJ sur sa nomination en tant que ministre délégué à la Ville.
INTERVIEW – Fréquence ESJ : En quoi va consister exactement votre mission ?
Le ministère de la Ville est chargé, dans le cadre du ministère de l’Egalité des territoires et du logement (dirigé par Cécile Duflot), plus particulièrement des quartiers qui sont en difficultés. Il est donc chargé à la fois des rénovations : continuer les opérations de rénovation urbaine. Et en même temps, en ce qui me concerne, redonner du punch donc des moyens aux réseaux associatifs parce que c’est lui qui fait vivre les quartiers.
Vous attendiez-vous à être nommé dans le gouvernement Ayrault ?
Vous savez on n’est jamais sûr. C’est quand vous entendez votre nom sur le perron de l’Élysée que vous le devenez réellement. Le Premier ministre m’avait appelé dans l’après-midi et je savais depuis la veille que j’étais dans la short-list.
Etes-vous déçu que Martine Aubry ne soit pas Premier ministre ?*
Non, parce que je le savais. Je le savais depuis longtemps, elle-même aussi d’ailleurs puisqu’il y avait une certaine logique, une certaine cohérence à ce que le président de la République choisisse Jean-Marc Ayrault qui est un homme proche de lui. La présence de Martine Aubry au gouvernement aurait certainement crée une hiérarchie qui n’était pas bonne.
*François Lamy est un proche de Martine Aubry et son conseiller principal puis directeur de l'équipe de campagne de Martine Aubry pour l'élection présidentielle de 2012.

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