Les pro-euthanasie veulent peser dans la campagne présidentielle
C’est au Cirque d’Hiver, dans le XIème arrondissement de Paris, que l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD) a rassemblé ses militants samedi 24 mars pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle sur la question de l’euthanasie.
Il y avait énormément de monde devant la petite place du Cirque d’Hiver pour assister au meeting. Dans une ambiance bon enfant, environ 3000 personnes de l’association ADMD et sympathisants favorables à l’euthanasie se pressaient pour entrer à l’intérieur de la salle. Certains sont venus de loin, comme cette militante « venue de Limoges pour la journée. » Elle décrit son ressenti : « Nous sommes venus à 25 depuis Limoges et ses environs, pour la journée. Nous sommes très actifs en région, et tentons sans cesse d’informer les gens et les politiques sur le sujet. » Avant de partir rejoindre son groupe, elle confie « attendre beaucoup du discours de Jean-Luc Mélenchon » sur la question. Car l’objectif premier de ce rassemblement est bien d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle sur la question de la fin de vie. Seuls deux candidats ont répondu présent : Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts) et Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche). Pour les autres, Marc Peschanski (directeur de l’Institut des cellules souches) représentait Nathalie Arthaud, Karel Vereycken pour Jacques Cheminade, George Pau-Langevin pour François Hollande et Philippe Juvin de l’UMP.
Le meeting s’est ouvert sur un discours du maire de Paris, déclarant qu’il « partage à titre personnel les convictions de l’ADMD. » S’en est suivi quelques courtes prises de parole par des personnalités soutenant l’association, à l’instar de Mireille Dumas. Avant d’entendre les candidats ou leurs représentants, ce sont les deux conseillers politiques d’ADMD, Anne Hidalgo (1ère adjointe au maire de Paris), Alain Fouché (sénateur de la Vienne) et Christophe Michel (co-responsable national des Jeunes de l’ADMD) qui se sont exprimés. M. Fouché rappelle que son rôle est de « veiller sur l’impartialité de l’A.D.M.D. » avec « pour seule exigence : la liberté ». Même tonalité dans le discours d’Anne Hidalgo, qui souhaite faire « vivre le combat laïque et républicain ». Pour conclure, c’est le jeune Christophe Michel qui s’exprime : dans un discours offensif et bien prononcé, il affirme que « l’épée du bulletin de vote est là pour taper là où ça fait le plus mal » même s’il assure que « notre choix n’est pas certain pour le 22 avril. » Il conclut, sous les applaudissements, en espérant que « son combat devrait dépasser les clivages politiques.»
Joly et Mélenchon, des discours très attendus
Vient ensuite le temps fort de cette rencontre : les discours d’Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon. Pour la candidate EELV, sa « légitimité de parler de la mort » découle de son histoire personnelle. Après un récit émouvant du départ de sa belle-mère et de sa mère, la candidate regrette que l’on « occulte la mort », car « les libertés individuelles doivent être respectées. » Pour elle, « le cas Imbert a démontré les limites de la loi Leonetti ». La candidate répond au micro de Fréquence ESJ et donne son avis sur la loi Leonetti :
Vient ensuite Jean-Luc Mélenchon, qui rappelle son « attachement à la cause que défend l’ADMD» et qui est « connue de tous ». Pour le candidat Front de Gauche « l’ultime liberté est l’ultime humanité », et « ne plus avoir peur de la mort, c’est être libre ». C’est pourquoi le candidat a fait une annonce qui a été chaleureusement applaudie : il souhaite que le droit à l’euthanasie soit inscrit dans la Constitution, « pour que personne ne soit tenté d’y toucher ». Acclamations dans la salle.
Ce 24 mars, il y avait beaucoup de monde pour venir défendre la cause de l’euthanasie. Reste à savoir si ce thème va s’imposer dans la campagne présidentielle.

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