Pierre-Yves Bournazel (UMP) veut des primaires ouvertes à Paris
Pierre-Yves Bournazel, élu dans le XVIIIème arrondissement, conseiller de Paris et conseiller régional UMP veut des "primaires ouvertes" pour désigner le candidat de la droite aux prochaines municipales. Ancien collaborateur de Rachida Dati, le jeune élu doit régulièrement affronter les foudres de la garde rapprochée de François Fillon.
INTERVIEW - Il est jeune et plein d'ambition. Élu en 2008 dans un arrondissement populaire du Nord de la capitale, l'ancien porte parole de Françoise de Panafieu lors des dernières municipales veut faire bouger les lignes de l'UMP Paris. Nommé par Jean-François Copé secrétaire national de l'UMP en charge des grandes métropoles, il s'oppose régulièrement aux barons locaux de la droite même s'il affirme être pour le rassemblement de "tous les talents." En septembre dernier il était candidat aux élections sénatoriales sur la liste de Pierre Charon. Il anime un club de réflexion "Génération Paris Seine" pour faire évoluer la droite parisienne. Plus progressiste que ses collègues du Conseil de Paris (notamment sur le mariage homosexuel auquel il est favorable), Pierre-Yves Bournazel est candidat aux élections législatives dans le XVIIIème arrondissement.
Fréquence ESJ: Pensez-vous que Nicolas Sarkozy puisse être réélu président de la République ?
Pierre-Yves Bournazel: Oui il a une chance et plus qu’une chance de convaincre les français de voter pour lui les 22 avril et 6 mai prochains parce que justement le temps de la campagne c’est le temps où il faut convaincre les citoyens d’être le meilleur candidat, d’être le plus à même de porter pendant 5 ans la plus haute charge de l'Etat. Je crois que c’est la question essentielle qui va apparaître dans les semaines qui viennent. La comparaison: qui entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen ou François Bayrou - puisque nous sommes dans un premier tour et il faut le respecter – qui est le plus à même de porter les plus hautes charges de l’Etat pendant 5 ans dans une période de crise financière et de troubles internationaux. Je crois que Nicolas Sarkozy est l’homme de la situation. Il l’a montré sur la scène internationale : la crise géorgienne, la présidence française de l’Union Européenne, la crise libyenne, la crise en Côte d’Ivoire aujourd’hui la crise en Syrie. Sur tous ces dossiers internationaux, il a montré qu’il était un grand président. Sur la scène européenne il a fédéré les gouvernements sociaux- démocrates comme les plus conservateurs. Face à la crise financière il a montré qu’il avait su prendre ses responsabilités et que la France parlait haut et fort. Sur la scène intérieure il a montré qu’il avait été un président courageux qui avait su réformer dans une période courageuse. La réforme des retraites, ne fallait-il pas la faire ? Les services minimum dans les transports ? Fallait-il ne rien faire, rester dans l’inertie et le conservatisme ? La question du remplacement d’un fonctionnaire sur deux, il ne fallait pas baisser notre dépense publique de fonctionnement ? On voit bien que sur toutes ces questions, Nicolas Sarkozy a eu le courage de mettre en œuvre ses réformes. Il faut poursuivre ces réformes-là et pour les poursuivre il faut un capitaine dans le navire qui soit capable, au moment où c’est difficile de pouvoir tenir bon la barre. Il est pour ma part, le seul capable.
On a l’impression que Nicolas Sarkozy n’arrive plus à imposer son rythme de campagne comme il pouvait le faire en 2007, que l’UMP n’est plus maître de l’agenda. ![]()
Je crois que les français sont arrivés à un moment donné où tout le monde leur explique (les médias, les instituts de sondages) que les jeux sont faits. François Hollande a été élu, il a été porté, il est encensé, c’est comme ça. Il n’a plus qu’à choisir son gouvernement, madame Royal est présidente de l’Assemblée et tout le monde s’est partagé les postes de responsabilités. Sauf que nous sommes en démocratie et qu’en démocratie c’est le peuple qui vote. Il a plusieurs semaines pour réfléchir. Plusieurs semaines pour se poser les véritables questions. Cerner les véritables enjeux. Je crois que l’avenir de la France est l’enjeu de cette campagne. Que voulons nous pour le pays ? Comment réduire notre endettement ? Comment mener des réformes courageuses ? Comment avoir un président de la République qui soit face à Angela Merkel ou Barak Obama capable de défendre les intérêts des français. Je crois que les français doivent se poser cette véritable question. Sortir de la question de l’affect « j’aime / j’aime pas » à une question de fond à une question de capacité à porter le fanion de la France pour défendre les intérêts des français dans un monde qui change vite et qui est extrêmement difficile. Je pense effectivement que dans les semaines qui viennent nous pouvons avoir un sursaut. Vous savez les sondages c’est bien, tout le monde regarde, mais ce ne sont pas eux qui font l’élection. Et on dira certainement le 22 avril puis le 6 mai « ah oui si on avait écouté les sondages, si on avait écouté la bonne parole des uns et des autres et bien on aurait eu un tout autre résultat. » Il faut accepter la règle en démocratie: c’est le peuple qui parle. Si on fait le vote avant que les gens aillent voter alors ça ne sert à rien d’aller voter. Que les français s’approprient bien cette élection. Qu’ils soient libres et que personne ne les empêche de voter Nicolas Sarkozy. Certainement pas ceux qui ceux qui ont décidé que l’élection était jouée.
Vous êtes candidat aux élections législatives dans le XVIIIè arrondissement de Paris, une circonscription très à gauche, quelle sera votre recette magique pour ramener cette circonscription à l’UMP ?
J’ai décidé de faire campagne sur la question de la proximité, du renouvellement et d’une nouvelle énergie. La proximité d’abord car je suis un élu de terrain qui s’occupe de la vie quotidienne des habitants qui essaie de dire qu’un certain nombre de quartiers, un certain nombre de populations sont oubliées. De part la relation de confiance que j’ai noué sur le terrain, je peux porter un certain nombre de dossiers. Que ce soit sur la sécurité, que ce soit sur la culture, que ce soit sur les questions environnementales ou sur des questions d’emplois, d’économie ou de qualité de l’habitat. J’ai agi, les habitants de ma circonscription l’ont vu, au delà des clivages politiques. Cette proximité est importante. On sait qu’on peut me voir et défendre les intérêts des habitants et de la circonscription avant tout autres considérations. Le candidat sortant demande à être reconduit pour un quatrième mandat, c’est à dire 20 ans de mandat parlementaire mais pour quoi faire ? Qu’a-t-il apporté aux habitants de la circonscription ? Quel dossier a-t-il défendu pour eux ? Qu’a-t-il changé dans leur vie quotidienne ? Je crois que chacun a bien compris la réponse et maintenant il faut continuer ce combat, construire cette relation de confiance avec les habitants et je crois que quand on a beaucoup d’énergie et que l’on a fédéré une équipe neuve et bien on peut soulever des montagnes.
L’UMP Paris semble en difficulté depuis 2007, que ce soit sur son unité ou lors des élections. Quel regard portez vous sur votre parti à Paris ?
Je suis favorable à l’unité et au rassemblement le plus large. Mais unité ça veut dire que l’on additionne. On additionne des forces, des compétences et des talents. Pour additionner les talents et les compétences, il faut respecter chacun. Et on a besoin justement de s’appuyer sur cette pluralité. Pour y arriver, il faut que chacun mette un peu d’eau dans son vin. Je considère aujourd’hui que nous avons besoin, sur des territoires qui sont détenus par la gauche depuis longtemps, que les gens qui sont en responsabilités depuis longtemps – notamment à l’Ouest de Paris – qui sont dans des circonscriptions acquises depuis très longtemps à la droite, de trouver ensemble les meilleures solutions pour que les images de divisions cessent à Paris. Pour qu’elles cessent, il faut apprendre à travailler avec des gens différents et apprendre à respecter les sensibilités des uns et des autres et pas vouloir imposer d’en haut ses prérogatives.
Vous avez proposé des primaires ouvertes, une idée que dénonce le député UMP de Paris Bernard Debré. Il juge que "vous enfoncez des portes ouvertes". Que lui répondez-vous ?
Je voudrais dire que c’est son droit de ne pas être favorable à des primaires ouvertes. Je voudrais lui dire très amicalement que j’attends d’un candidat qui est investi comme moi par notre famille politique un peu plus de solidarité. D’abord parce que c’est un élu de l’ancienne génération et que je suis de la nouvelle génération, candidat pour la première fois aux élections législatives sur un territoire difficile, détenu par la gauche depuis plus de 20 ans et que lui est régulièrement élu au premier tour. Donc je ne pense pas que j’enfonce des portes ouvertes parce que je suis rentré dans la vie politique, je n’avais pas les portes ouvertes, je ne suis pas « le fils de », je n’ai pas hérité d’une mairie, je n’ai pas hérité d’une circonscription comme certains, qui après les avoir perdues ont dû trouver un nouveau fief dans Paris.
Il semble que la plupart des élus parisiens de l’UMP qui sont contre votre idée soient également les premiers soutiens de François Fillon. Ont-ils peur des primaires ouvertes ?
Il ne faut pas avoir peur des primaires. Il ne faut pas avoir peur que les citoyens votent. Si on ne convainc pas à une primaire, on ne convainc pas davantage les parisiens le jour du vote officiel. Donc je crois que cette primaire est un gage de crédibilité, nous permet de faire émerger des idées, nous permettra de convaincre des citoyennes et des citoyens de Paris de nous rejoindre. Ca donnera envie aux uns et aux autres de s’approprier un certain nombre de thématiques. Je crois que personne ne peut s’opposer à ce qu’il y ait des primaires ouvertes. Je considère que ceux qui voudraient imposer une seule personne, sauf si tout le monde dit unanimement que c’est le bon candidat ce qui peut être possible, mais si ce n’était pas le cas, ils s’opposeraient à la démocratie.

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