De l'eau dans le gaz entre Eric Besson et le Conseil d'Etat
Le Conseil d'Etat a annulé lundi dernier le décret pris conjointement par Eric Besson, ministre de l'Energie et François Baroin, ministre de l'Economie concernant le gel du prix du gaz. En pleine pré-campagne, présidentielle, préserver le pouvoir d'achat devient un enjeu majeur. Surtout, lorsque le gouvernement s'y est engagé jusqu'aux prochaines échéances électorales.
Le gouvernement a fait preuve d'imprudence, afin de respecter sa promesse. L'augmentation de 10% aurait dû se produire dès le début du mois d'octobre. Atteint de "présidentiellite" aigue, les ministres de Nicolas Sarkozy souffrent d'un mal qui survient lors d'une réélection attendue. Il ne faudrait pas froisser la masse versatile, spécifiquement en temps critiques. L'hiver approche à grands pas. Fera-t-il aussi froid dans les porte-monnaie français? "J'écarte l'hypothèse d'une hausse du prix du gaz,"répond Eric Besson. Très embarrassé par les questions de Jean-Michel Apathie sur RTL, le ministre reconnaît tout de même "deux exigences contradictoires".
Le gouvernement se fait taper sur les doigts, l'admet et la patate chaude est refilée à Matignon. Le Premier ministre François Fillon sera l'arbitre, étant le détenteur du pouvoir réglementaire (émetteur de décisions administratives). Quelle position adopter : défier le Conseil d'Etat en passant outre l'invalidité prononcée ou se conformer à la décision émise par ce dernier? Persister et signer serait mal venu. Mais, revoir sa copie de droit, quand le gouvernement se doit de l'appliquer est une humiliation encombrante. Comment rester crédible face aux francais dans la tourmente?
Le Conseil d'Etat précise bien dans sa décision : "Aucune disposition ne permet au ministre de suspendre l'application de la formule tarifaire prévue." La marge de manoeuvre laissée au gouvernement paraît faible, malgré l'optimisme affichée .
De tous côtés, la majorité présidentielle essaye de rassurer. Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, affirme que "tous les scénarios possibles [sont étudiés, ndlr] pour que l'évolution du prix du gaz soit la plus faible possible". Eric Besson promet qu'un nouvel arrêté sera pris en conformité avec ce que préconise le Conseil d'Etat. Attendons, puis jugeons. La fin de semaine pointe du bout nez et toujours pas de décision, alors qu'elle devrait être prise "vraisemblablement" à ce moment, a indiqué Eric Besson.
Selon service-public.fr, les dernières augmentations des tarifs de gaz datent du 1er juillet 2010 (+ 5 % en moyenne) et du 1er avril 2010 (+ 9,7 % en moyenne). Trois augmentations en moins de deux ans. Certains peuvent bénéficier d'une aide sociale à hauteur de 118 euros, qui sera revalorisée à 142 euros.

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