Chantal Jouanno: "Je ne suis pas passée à gauche"

Écrit par Pierre DUMAZEAU le .


Chantal Jouanno UDI 2INTERVIEW - L'ancienne ministre Chantal Jouanno a décidé de quitter l'UMP pour rejoindre Jean-Louis Borloo. Ce dernier a lancé dimanche l'UDI, l'Union des démocrates et des indépendants. La sénatrice de Paris explique à Fréquence ESJ son choix très critiqué par l'UMP. “Il appartient à Chantal Jouanno de tirer toutes les conséquences de sa décision, s'agissant des mandats de sénateur et de conseiller régional qui lui ont été confiés, et ce d'autant plus qu'elle fut choisie par l'UMP pour conduire aussi bien la liste régionale que sénatoriale", a affirmé dimanche le président de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon.

Fréquence ESJ : Qu’est-ce qui vous a subitement poussé à quitter l’UMP ?

Chantal Jouanno : Ce n’est pas subi ; c’est une question d’idées, d’adéquation et de cohérence de mes idées. Je suis de droite, je suis en même temps très pro-écologie. Je suis très progressiste sur les questions de société et très européenne. Il y a un corpus d’idées qui est celui de l’UDI donc il n'y avait aucune logique à rester dans une autre famille politique dès lors que les deux sont unies et qu’elles sont en coalition.

Il n’y a pas eu un élément déclencheur particulier ?

Vous savez moi je suis vraiment sur la politique, sur les idées. J’ai une forme d’entêtement sur mes idées. Je suis entière donc non les coups de tête ça ne me connaît pas tellement.

Il y a eu beaucoup de réactions de l’UMP qui vous demande aujourd’hui de démissionner de vos mandats. Qu’est-ce que vous leur répondez ?

C’est dommage mais de toutes façons un mandat n’appartient pas à un parti. Un mandat il appartient aux électeurs qui votent pour des idées parce qu’ils savent très bien que j’incarne ces idées-là, que je les ai portées au sein de la droite. Aujourd’hui ce sont les mêmes idées. Elles n’ont pas bougé d’un iota. Je ne suis pas passée à gauche. Honnêtement, je pense que demain on est appelés à travailler ensemble et c’est plutôt dans le but de l’union des droites à Paris qu’on arrivera à Paris à reconquérir la Mairie et le territoire. 

En quoi l’UDI sera un parti plus pérenne que les autres partis centristes ?

Il est plus pérenne car il est clair sur son corpus d’idées. Il est très clair sur ce qu’il dit. On n’est pas dans une confédération comme ce qui a été rappelé tout à l’heure. 

Allez-vous encourager d’autres cadres de l’UMP à rejoindre l’UDI ?

Je n’ai pas à encourager. Soit les personnes se sentent en adéquation avec ces idées-là, soient elles ne se sentent pas je n’ai pas à encourager. On n’est pas dans cette logique-là. Après aujourd’hui on est vraiment dans la logique de la construction d’un projet, et surtout, ce qui nous intéresse, c’est d’avoir un maximum d’élus et de militants sur le terrain.

Il y a des personnes à l’UMP interessées pour vous rejoindre ?

Il y en a toujours. Il y a toujours des personnes qui se posent des questions mais c’est normal. En politique on se pose souvent des questions. Maintenant faire le choix, ensuite, d’aller dans un autre parti, c’est une autre démarche, ça va plus loin.  

Propos recueillis par Pierre Dumazeau. Photo Tristan Quinault Maupoil

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Pierre DUMAZEAUJournaliste politique

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