Cannabis: Jean-Marc Ayrault recadre Vincent Peillon

Écrit par Tristan QUINAULT MAUPOIL le .


Jean-Marc Ayrault photo Tristan Quinault MaupoilCANNABIS - Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a recadré son ministre de l'Education après ses déclarations sur la dépénalisation du cannabis. Vincent Peillon s'est dit dimanche favorable à la dépénalisation de cette drogue et voulait l'ouverture d'un débat. C'est le deuxième ministre à s'exprimer ainsi depuis l'élection de François Hollande. La droite pointe le manque d'autorité de l'éxecutif. 

"Le Premier ministre et Vincent Peillon se sont parlé au téléphone ce matin (lundi), il n'y aura pas de dépénalisation du cannabis", a annoncé Matignon dans la journée, après les déclarations de Vincent Peillon sur le cannabis. "Lorsqu'ils (les ministres) sont à la radio et la télévision, ils doivent défendre à la fois la politique de leur ministère et la politique du gouvernement, et rien d'autre", a ensuite assuré Jean-Marc Ayrault lors d'un déplacement à Nantes. "Dépénaliser le cannabis, ce n'est pas la position ni du gouvernement, ni du président de la République et ça n'a pas changé", a précisé le Premier ministre. 

Dans un communiqué de presse diffusé lundi matin, Vincent Peillon a parlé de "réflexion personnelle" qui ne contrevenait "pas à sa solidarité totale et entière" avec le gouvernement. Selon Jean-Marc Ayrault, Vincent Peillon "lui a dit qu'il regrettait d'avoir évoqué ce sujet". C'est la deuxième fois que Jean-Marc Ayrault est obligé de recadrer un ministre de son gouvernement au sujet du cannabis. Déjà en juin dernier, la ministre du Logement, Cécile Duflot expliquait qu'elle était favorable à la dépénalisation du cannabis. 

Vincent Peillon "devrait être condamné" (UMP)

Au sein du gouvernement, Manuel Valls s'est lui aussi opposé au ministre de l'Education nationale, déclarant que dans la lutte contre les drogues, "les interdits sont essentiels". A gauche, l'ancien ministre de l'Education, Jack Lang, a soutenu Vincent Peillon, notant qu'il "avait posé une vraie question de société".

Toute la journée la droite a exprimé son opposition à ce débat. Selon Jean-François Copé, il s'agit d'une "faute politique et morale extrêmement grave". Le secrétaire général de l'UMP a estimé que "la question" du "maintien" de Vincent Peillon "au gouvernement est clairement posée". Son rival dans la course à la présidence de l'UMP, François Fillon, a ironisé sur le manque d'autorité supposé de Jean-Marc Ayrault et François Hollande. "La multiplication des couacs au sein du gouvernement montre à quel point il manque un pilote dans l'avion", a-t-il estimé lors d'un déplacement en Corrèze, le département d'où est originaire le président de la République. "On n'y comprend plus rien, ce n'est pas une manière de gouverner et surtout, ça crée dans le pays un climat d'incompréhension, de manque de visibilité (...) On ne sait pas vraiment où on va sur beaucoup de sujets et ça, c'est grave", a déclaré lundi soir l'ancien Premier ministre, Alain Juppé, sur Europe 1.

"Vincent Peillon veut restaurer la morale laïque pour redonner un cadre aux jeunes en mal de repères mais il accepte de déstructurer les familles dont l'un des jeunes membres est prisonnier de son addiction. François Hollande organise une grande mise sous perfusion de la Jeunesse. Il demandait à être jugé sur la Jeunesse, il devrait être condamné", note le secrétaire national de l'UMP Jonas Haddad.

Tristan QUINAULT MAUPOILJournaliste

Rédacteur en chef de Fréquence ESJ

Commenter