La majorité vote le Traité européen
PARLEMENT - L'Assemblée Nationale a ratifié mardi le Traité budgétaire européen. Projet initialement conçu par Nicolas Sarkozy, il a été adopté par une majorité de gauche. Malgré un vote négatif de 17 députés socialiste, le gouvernement s'est félicité du vote de ce texte "sans les voix de la droite". La majorité ne voulait pas voir ce traité voté grâce aux voix de la droite. À la sortie du vote, Fréquence ESJ a recueilli les réactions de plusieurs députés.
Michel Vauzelle, député PS des Bouches-du-Rhône, se satisfait que "La gauche ait eu la majorité absolue". "C'est ce qui est important: C'est de ne pas avoir eu la nécessité d'être soutenu par les voix de droite". Olivier Falorni, qui appartient au groupe des radicaux de gauche, s'est abstenu: " En tant que député, je dois me prononcer sur un texte. Ce texte, pendant la campagne présidentielle et législative, j'ai dit que je ne le considérais pas comme un bon texte. Et à l'époque je n'étais contredis par aucun socialiste. Comment voulez-vous, si je veux être cohérent avec moi-même et avec mon discours, que je vote pour un texte que je considérais comme mauvais,et que le PS considérait comme mauvais? Je m'abstiens car je veux aussi souligner les avancées qui ont été obtenues par le président de la République en matière de croissance mais cette thérapie de choc va finir de tuer le malade."
"Je souhaite que l'Europe se réoriente"
Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne, a voté contre: "Pour être en armonie avec mes convictions et en phase avec des débats qui traversent la gauche et le pays". "Je souhaite que l'Europe se réoriente au service des peuples". Il ajoute: "Ce n'est pas le vote le plus facile pour un jeune parlementaire". Quant à la députée PS de Seine-Saint-Denis, Elisabeth Guigou, elle a exprimé mardi son soulagement: "C'est bien, on est heureux. C'était important pour le président de la République de poursuivre son action, il est soutenu par sa majorité, cela va permettre de poursuivre le chemin qui a été engagé, à savoir la réorientation de l'Europe vers la croissance, l'emploi et la solidarité et je pense que l'on pourra obtenir un meilleur équilibre entre le sérieux budgétaire et la solidarité." Le président du groupe socialiste, Bruno le Roux assure que "Ce vote confirme la réorientation voulue par François Hollande pour l'Europe". "Il y a une majorité claire pour soutenir les orientations du gouvernement", a-t-il insisté. La députée socialiste de Corrèze, Sophie Dessus note que "Vu le résultat, on ne peut pas dire que ce soit un désavoeux. Surtout, quand on entend le discours des écolologistes: "on vote non mais on est pour". Ils savaient très bien que le traité allait passer. C'est aussi pourquoi on peut dire qu'il n'y a pas de fissure, mais au contraire une prise de conscience : la majorité offre la possibilité d'exprimer des differences qui ne sont pas des divergeances.
"Des fissures dans la majorité"
Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, souligne "Qu'on voit aujourd'hui les fissures qu'il y a dans la majorité, et elles sont liées aux mensonges qu'il y a eu dans la campagne de François Hollande c'est à dire avoir menti en permanence. Je vous rappelle que Hollande contestait le Traité. Jean-Marc Ayrault a appelé à l'absention du mécanisme européen de stabilité donc on voit le revirement lié au princiupe de réalité mais le moins que l'on puisse dire c'est que ce n'est pas lié à la cohérence et surtout la situation dans laquelle se trouve la majorité aujourd'hui est liée aux mensonges de la campagne présidentielle. Jean-Marc Ayrault est à la tête d'une majorité divisée, on le voit sur le traité par exemple. Le traité est ratifié, l'UMP l'a très largement soutenu, mais l'incohénence du Premier ministre fait que cette majorité s'est rassemblée sur un mensonge et qu'aujourd'hui elle se divise. Nathalie Kosciusko-Morizet, l'ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy, a voté pour ce traité. Dans les salles des quatre colonnes, elle détaille le but de ce texte (par exemple un déficit structurel qui ne dépasse 0.5%) mais estime qu'il "serait bien en France qu'on parvienne à cet objectif sans augmenter les impôts, comme le fait le gouvernement socialiste, mais plutôt en réduisant les dépenses".
Le député souverainiste de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan commente ce vote sans détours: "Vous ne pouvez pas forcer les ânes qui ne veulent pas avancer. Les députés qui ont voté ce texte vont le payer très cher. Ce gouvernement se suicide naturellement". Jean-Claude Bouchet, député UMP du Vaucluse, membre de la droite populaire, a voté contre: "Nicolas Sarkozy avait négocié ce traité et voulait inscrire en même temps la règle d'or dans la Constitution. À partir du moment où nous, députés, sommes d'accord pour modifier la Constitution et inscrire cette règle d'or, je suis pour. Mais si l'Europe dit "je fais un traité qui ne concerne que l'économie" et qui ne va pas assez loin, je ne peux pas l'approuver. Cependant, je suis toujours UMP. Chacun peut s'exprimer comme il l'entend sur des sujets fondamentaux", affirme-t-il.
Pour le député UMP des Hauts-de-Seine Patrick Balkany, le Parti socialiste a été contradictoire: "Ce que toute la gauche trouvait abominable avant les élections, n'a pas changé d'une virgule" et aujourd'hui " Jean-Marc Ayrault a tout fait pour convaincre sa majorité de le voter alors qu'elle n'en avait pas envie". Et le député de poursuivre : "Cela ennuyait monsieur le Premier ministre de penser que le texte passerait uniquement grâce aux voix de la droite." En conclusion, le député déclare que "Ce n'est pas une victoire mais une évidence pour l'opposition d'avoir voté le Traité budgétaire".
Propos recueillis par Pierre Dumazeau et Tristan Quinault Maupoil

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