Martine Aubry ne ferme pas la porte de Matignon

Écrit par Tristan QUINAULT MAUPOIL le .


Martine Aubry photo Tristan Quinault Maupoil 2Dans un entretien à l'hebdomadaire Paris Match, Martine Aubry se confie. Ses quatre années stressantes à la tête du PS, les coulisses de la formation du gouvernement et celles de sa succession. Son éventuel retour ? À Matignon.

L'ex premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, confie aujourd'hui à Paris Match qu'elle ne dirait pas non à une nomination à Matignon. "Si les circonstances économiques ou sociales s'y prêtent, s'imagine-t-elle un jour à Matignon?", demande l'hebdomadaire. Ce à quoi l'actuelle maire de Lille répond: "Mon objectif dans la vie n'est pas, comme d'autres, d'être premier ministre. Mais si un jour c'est là où je me sens le plus utile, pourquoi pas?"

L'ancienne ministre du Travail de Lionel Jospin revient sur ses quatre années à la tête du PS, très stressante selon ses mots. "Quand on stresse, soit on prend des médicaments, soit on compense. Moi, j'ai décidé de manger pour tenir le coup", assure Martine Aubry. Mais celle-ci se dite satisfaite de son travail: "Entre le cadavre à la renverse, comme BHL avait qualifié le PS après (le congrès) de Reims, et ce qu'il est devenu aujourd'hui, il n'y a pas photo", affirme l'élue qui dit avoir "le sentiment du travail accompli". 

"Aucun drame" pour sa suceccession

L'entretien qu'elle accorde est l'occasion pour elle de revenir sur la formation du gouvernement en mai dernier. "Si tu veux entrer au gouvernement à côté de Jean-Marc, je suis bien entendu d'accord. Qu'en penses-tu?", lui aurait demandé François Hollande, à qui la maire de Lille aurait répondu: "Nos deux personnalités côte à côte, ce n'est pas une bonne idée, ni pour Jean-Marc (Ayrault, NDLR) ni pour moi, car je vois mal ce que j'apporterais de plus. On en est resté là. Cela a pris trente secondes", affirme Martine Aubry qui regrette tout de même que "personne ne lui ai proposé" le ministère de la Culture, "sa passion". Elle loue les qualités de Jean-Marc Ayrault, "un homme qui a une vraie morale et une grande honnêteté". "J'ai toujours su que François prendrait Jean-Marc. Il ne sait travailler qu'avec des gens qui lui sont proches depuis toujours", ajoute-t-elle.

Selon les confidences de Martine Aubry, sa succession n'a donné lieu à "aucun drame". Elle reproche tout de même à Bruno Le Roux (president du groupe PS à l'Assemblée) et à Stéphane Le Foll (ministre de l'Agriculture), "toujours eux mêmes aigris", de parler à la place du président de la République. "Avec Jean-Marc (Ayrault), nous avons fait la tournée générale pour convaincre qu'il (Harlem Désir) est le symbole du rassemblement tandis que le numéro deux Guillaume Bachelay, 38 ans, est celui du renouveau", raconte-t-elle. C'est son choix a été rendu public si tard, c'était pour préserver Harlem Désir. "Si j'avais annoncé Harlem dès juillet, il aurait été sali, abîmé, massacré".

Tristan QUINAULT MAUPOILJournaliste

Rédacteur en chef de Fréquence ESJ

Commenter