La contre-attaque de Vladimir Poutine
Suite aux manifestations spectaculaires de la semaine dernière, le Gouvernement russe lance sa contre-attaque. Des milliers de partisans de Vladimir Poutine, l'actuel Premier ministre russe, se sont rassemblés lundi 12 décembre dans le centre de Moscou. 25 000 personnes y étaient présentes selon la police, un chiffre largement surestimé.
La motivation des manifestants ne semble pas politique mais financière. Nastia, 16 ans, nous confie : « Tous les gens qui sont ici ont été payés. On m'a donné, ainsi qu'à ma copine, 400 roubles (environ 10 euros). Sinon il m'aurait été impossible de participer gratuitement à un tel mouvement de fadas (…) La prochaine fois, j'irai de mon plein gré... à la place des Marécages. » Cette contre-manifestation marque la réponse du Kremlin à la mobilisation massive de samedi dernier.
C'est dans le but de dénoncer la fraude massive lors des législatives du dimanche 4 décembre que des milliers de citoyens ont manifestés samedi dernier dans plus de 50 grandes villes russes. La répression des forces de l'ordre a été féroce, pas moins de 500 personnes ont été écrouées. Il s'agit d'étouffer toute vélléité chez les manifestants. Dans ce but, le pouvoir tente de marginaliser le mouvement.
« Même si l'on admet de façon hypothétique que les résultats puissent être contestés en justice, cela ne peut en aucun cas remettre en cause la légitimité du scrutin » , a déclaré Dmitri Peskov lundi, le porte-parole de Vladimir Poutine. Il a également nié, mardi 13 décembre, l'existence de fraudes électorales. Il s'exprime en contradiction avec la déclaration, la veille, du Président Medvedev. Ce dernier avait proposé d'ouvrir une enquête sur les accusations de fraude massive, et de « vérifier » les résultats électoraux.
Le Gouvernement adopte une position inflexible, peu sensible à l'appel de la rue, malgré l'intervention de Dmitri Medvedev. Les oservateurs de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) avaient également dénoncé une procédure de « bourrage des urnes »de la part du parti Russie-Unie, accusé de collusion avec le Gouvernement. Ce dernier avait réuni 49,5% des suffrages selon les sources officielles, 30% selon l'ONG Nabloudatel (l'Observateur). Le Parti communiste, crédité de 20% des votes, continue de dénoncer avec fracas la fraude électorale de dimanche 4 décembre. Son Représentant à la commission électorale, Sergueï Oboukhov, a accusé Medvedev d'être le « numéro un des escrocs et des voleurs », une expression devenue emblématique de la contestation russe.
Le Parti Communiste appelent à une manifestation le 18 décembre. Le Mouvement de la place des Marécages, pour sa part, compte rassembler 50 000 personnes sur la place éponyme le 24 décembre. La veille de Noël risque d'être mouvementée à Moscou, comme dans de nombreuses autres villes russes.
C'est dans ce contexte de contestation sociale que le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, troisième fortune russe avec 18 milliards de dollars en 2011, s'est porté candidat lundi à l'élection présidentielle. Il prône le dialogue avec les manifestants et le reste de la société civile. Ces militants l'accusent pourtant d'être vendu au Gouvernement. Un bouleversement dans le paysage politique russe semble proche.

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