Gilets jaunes : Première manifestation post-confinement

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REPORTAGE / PHOTOS - Alors que les gilets jaunes voulaient « se rappeler au bon souvenir des médias », seul un millier de personnes a manifesté à Paris. Plus de 200 personnes ont été arrêtées après des affrontements dans l’ouest parisien.

 

Après une pause forcée due à la pandémie de Covid-19, plusieurs personnalités du mouvement « gilets jaunes » ont appelé à une journée de mobilisation, ce samedi 12 septembre. Des manifestations étaient prévues dans plusieurs grandes villes de France (Paris, Marseille, Toulouse, Lyon, Lille, Nantes, Nice, Bordeaux ou Strasbourg), ainsi que des blocages de ronds-points. Pour Jérôme Rodrigues, gilet jaune de la première heure, « la colère est toujours là ». Il s’agit de « se rappeler au bon souvenir des médias » et non pas d’une « rentrée » ou d’un « retour ».

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Place de Wagram, à 15h30 : quelques centaines de manifestants attendent que le cortège avance.

Afin d’éviter les scènes de violences des précédentes manifestations, la préfecture de police de Paris a interdit tout regroupement aux alentours des Champs-Elysées, de la Tour Eiffel, de l’Ile de la Cité et de l’hôtel Matignon. Le préfet de police, Didier Lallement, a ainsi indiqué : « Il ne peut pas y avoir sur les Champs de destruction et de chaos ». Une nouvelle doctrine et de nouvelles conditions d'emploi de certains matériels propres au maintien de l’ordre sont également appliquées depuis aujourd’hui. Une nouvelle génération de grenade à main de désencerclement (GMD), censée être moins dangereuse, est désormais utilisée. Adoptée en France depuis 2004, la GMD produit une forte détonation (plus de 155 dB, l’équivalent d’un avion au décollage) et projette dix-huit petits morceaux de caoutchouc à grande vitesse, 126 km/h sur un rayon de 30m selon l’ONG Acat. Elle est censée être utilisée en cas de danger imminent, notamment pour disperser (avec sommations) un attroupement ou réprimer (sans sommations) des violences contre les forces de l’ordre. De plus, l’usage du lanceur de balles de défense (LBD) est mieux encadré. Un superviseur évalue ainsi la situation d’ensemble et désigne plus précisément l’objectif.

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L’Arc de Triomphe est en vue mais l’accès est interdit par la Préfecture de Police de Paris.

Deux cortèges déclarés ont été autorisés à défiler : l’un place de la Bourse, l’autre au départ de la place Wagram. Place de la Bourse, la situation s’est rapidement tendue dans la matinée. L’humoriste Jean-Marie Bigard, proche du mouvement selon ses dires, a souhaité rejoindre le cortège. Il a été vite pris à parti par certains manifestants, suite à son éloignement de Jérôme Rodrigues. Cette rupture est due selon l’humoriste aux propos de la figure gilet jaune, qui a comparé un syndicat de police à une « bande de nazis ». Place Wagram, certains manifestants habillés en noir ont tenté d’avancer vers les Champs-Elysées. Après un affrontement direct avec les CRS et les BRAV-M, ils ont ensuite entamé un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre dans l’ouest de Paris. Seul un petit groupe d’une cinquantaine de gilets jaunes a suivi l’itinéraire de défilé. À 15h45, la Préfecture de police a annoncé avoir interpellé 222 personnes, notamment pour port de « tournevis, piolet, pince coupante, couteaux ». Selon le parquet de Paris, 54 personnes étaient en garde à vue à 13 heures. 

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Du mobilier urbain a été brûlé autour de la place de Wagram.

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Devant le cortège, des manifestants habillés en noir affrontent les forces de l’ordre qui répliquent avec du gaz lacrymogène.

 Photos : Valentin Faivre

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