Anecdote : quand Marianne James a rencontré un malade du sida en 1982

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INTERVIEW/VIDEO - Marianne James, chanteuse, comédienne et même « people de la télé » comme elle le dit, est également connue pour son engagement auprès de la communauté LGBTQ+. Elle était, cette année, la marraine de la marche des fiertés à Paris. A cette occasion, Marianne James était avec nous en direct depuis la marche. Le temps pour elle de nous raconter une histoire personnelle à l’époque où le Sida était encore une maladie peu comprise.

 

« J’ai commencé à être de leur côté parce que moi je ne faisais aucune différence ». Le soutien des personnes LGBTQ+ dans leur combat est une évidence pour Marianne James. Jeune, la chanteuse sort avec les amis de sa sœur, « une bande d’homo » de qui elle devient immédiatement proche. Elle passe avec eux des soirées « divines » entre froufrous, strass et paillettes. Jamais son éducation catholique ne l’aura poussée à les éviter : « Pour moi, le message d’amour du Christ, c’était on s’aime comme on est ». Une ouverture d’esprit qui ne l’a pourtant pas épargnée de la peur du Sida à sa découverte.

« J’ai le sida, ça vous dérange de me donner des cours ? »

1981. Le sida fait son apparition et touche particulièrement la communauté homosexuelle. La maladie est surnommée « la peste rose » ou encore « le cancer gay ». Des hommes meurent mais personne ne sait encore quelle est cette maladie. D’où vient-elle ? Comment l’attrape-t-on ? Comment la soigner ? Beaucoup de questions pour des réponses qui arriveront bien plus tard. Cette époque, Marianne James s’en souvient très bien. Son humour et son grain de folie disparaissent alors le temps d’un instant. « J’ai une anecdote à vous raconter qui est terrible ».

Franche, Marianne James explique qu’en 1982, alors jeune professeure de chant, elle auditionne un jeune homme. Une « personne de la nuit qui est démaquillée ». Il lui pose alors une simple question : « J’ai le sida, ça vous dérange de me donner des cours ? ». Une question qu’aujourd’hui les porteurs du VIH ne posent plus. A cette époque, Marianne James fait peut-être partie des rares personnes à ne pas le refuser. Pourtant, elle ne cache pas qu’après son départ, elle a « passé à la javel tout ce qu’il avait touché : la poignée de porte quand il est allé aux toilettes, le verre dans lequel je lui ai donné de l’eau… ». Un acte qui serait maintenant incompris mais qui rappelle que cette maladie inconnue faisait peur.  Aujourd’hui, si l’on sait que le VIH se transmet par le sang, il n’existe pas encore de vaccin pour le soigner. En 2017, 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde. Pour Marianne James, « il ne faut pas s’endormir, le vaccin du sida n’a pas encore été trouvé, il faut continuer à mettre des préservatifs ».

 

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 Photo : Fréquence ESJ

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