Aéromate fait le Paris de l’agriculture urbaine

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AGRICULTURE - La question de l’agriculture en ville germe de plus en plus dans les préoccupations des Parisiens. Plusieurs sociétés, comme Aéromate fleurissent la capitale avec des cultures de fruits, de légumes et d’herbes aromatiques. Une production bio qui favorise le circuit court et qui attire les portefeuilles.

 

Des potagers et des ruches sur les toits, des fermes dans d’anciens parkings souterrains, des moutons qui broutent sur la pelouse des jardins : depuis quelques années les initiatives agricoles se multiplient à Paris. Soucieuse de combler le gouffre qui sépare le citadin de la nature, la ville de Paris organise pour la troisième année consécutive les « Parisculteurs ».

Ce concours encourage et récompense les projets d’agriculture urbaine les plus écologiques. En 2017 Aéromate a été l’un des lauréats des « Parisculteurs Saison 1 » ; une véritable réussite pour Louise, Théo et Michel, désireux de cultiver les plus fameuses herbes aromatiques. Ainsi, depuis les toits de l’usine Spring Court dans le 11e arrondissement ou du centre de soin de la RATP dans le 12e arrondissement, ces « fermiers des villes » commercialisent leurs fines herbes aux riverains et aux restaurateurs du quartier.

Mais depuis cette année la société Aéromate veut s’inscrire pleinement dans la dynamique de mise au vert des villes. Grace à des fonds supplémentaires, les producteurs deviennent des maitres agriculteurs. Ils conseillent et forment les amateurs d’agriculture citadine. Ils incitent à pratiquer le « indoor farming », c’est à dire la production de végétaux comestibles en intérieur.

Un nouveau mode de culture qui plait aux actionnaires.

Ces investissements dans la pédagogie d’Aéromate autour de ce type d’agriculture viennent des fondateurs de l’association Agreencity (Julie Declety, Jean-Paul Hébrard, Gilles Maréchal et Jean-Pierre Bouanha), elle est aussi spécialisée dans les nouveaux modes de production agricoles. Un rachat qui est loin d’être unique sur ce nouveau marché prometteur.

Avec l’appui de la ville de Paris, plusieurs projets de cultures urbaines sont de plus en plus soutenus par d’autres acteurs publics comme privés. On trouve notamment Natixis, Carrefour, la SNCF, la RATP ainsi que la plupart des bâtiments administratif de la capitale. Chacun d’eux investit et s’engage à fournir des lieux où il est possible de faire pousser ces plantes de manière biologique. L’objectif principal pour la ville de Paris demeure la création, sur toute la métropole et sa banlieue, de 100 hectares d’espaces verts d’ci 2020. Un tiers serait consacré à l’agriculture urbaine.

Une production qui pose des questions

Si les fermes urbaines sont encadrées depuis 2013 par le guide d’information de Marion Zalay (directrice régionale et interdépartementale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt d’Ile-de-France), les pratiques agricoles restent encore à perfectionner. Souvent, la méthode utilisée est l’hydroponie, garante d’une agriculture sans pesticides. Cette technique consiste à laisser baigner les racines d’une plante dans un bassin d’eau où l’on injecte régulièrement des nutriments et des sels minéraux. Cela représente une économie de 90% d’eau par rapport à l’agriculture traditionnelle. Néanmoins l’hydroponie oblige nos botanistes à s’approvisionner en semences chez des grands groupes qui fournissent, parfois, des nutriments de mauvaise qualité ou mal dosés.

Une autre technique expérimentée notamment aux Pays-Bas consisterait à améliorer la pousse des plantes en intérieur grâce à un système de climatisation et d’éclairage totalement informatisés. Des légumes et des herbes qui poussent sans la lumière du soleil et quasiment sans terre. Le tout sur des palettes empilées pour former de véritables « fermes verticales », conçues spécialement pour les espaces urbains. Cette agriculture high-tech et automatisée, remettrait en cause le modèle agricole actuel, mais aussi tout le marché des produits alimentaires. D’après l’économiste néerlandais, spécialiste de l’agriculture urbaine, Jan-Willem Van Der Schans « les sociétés productrices de graines, travaillent avec les fermes verticales pour développer des équipements spécifiquement liés à leurs graines. C’est préoccupant parce que le savoir-faire agricole dépendrait de ces technologies et deviendrai donc la propriété de ces groupes ».

 Photo DR

 

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