Jean-Paul Garraud : « Les problèmes du gouvernement ne font pas monter Marine Le Pen dans les sondages, les gens se rendent juste compte qu’elle a raison ! »

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INTERVIEW / VIDEO - Dans « 20h, l’Invité », mardi 23 mars, Jean-Paul Garraud s’est exprimé au sujet de la candidature de Marine le Pen pour l’élection présidentielle de 2022. Le député européen Rassemblement National a soutenu celle qui souhaite le nommer ministre de la Justice en cas de victoire. Jean-Paul Garraud a également regretté « le déclassement du pays » sur la question des vaccins. 

 

« Je suis persuadé que si la France s’était débrouillée seule pour les questions liées aux vaccins, elle s’en serait mieux sortie ». À l’extrême inverse de la position du président de la République concernant les vaccins, Jean-Paul Garraud a regretté sur Fréquence ESJ que la France est autant comptée sur l’Union européenne pour la gestion des doses. Avec près de sept millions de premières doses injectées au 23 mars, la France se place dans la moyenne européenne mais peine à accélérer massivement sa campagne de vaccination. Pour le député européen : « on a délégué cette question des vaccins à l’Union européenne, alors que la santé est du domaine de l’État et pas de l’UE ». Pourtant, la France injecte des doses alors même qu’elle ne possède pas son propre vaccin et qu’elle n’a, à l’heure actuelle, aucune unité de production sur son sol. À cette question, l’ancien magistrat « regrette le déclassement du pays. La France était un grand pays, elle ne l’est plus ». Afin de tenir son engagement de vacciner 30 millions de français d’ici l’été, Emmanuel Macron pourra compter sur des doses produites en France. Les premiers flacons sortiront des usines françaises à la fin du mois d’avril. Jean-Paul Garraud souhaite que ces doses ne sortent pas du territoire avant que la population ne soit entièrement immunisée : « on ne va pas continuer à se sacrifier pour la planète entière, c’est une question de vie ou de mort ».

AstraZeneca : « Je m’étais interrogé concernant ce vaccin »

Jean-Paul Garraud a par ailleurs salué la campagne de vaccination menée au Royaume-Uni, en partie réussie grâce au vaccin britannique AstraZeneca. Un vaccin qui a été suspendu durant trois jours en France et dans certains pays de l’UE, en attendant un avis de l’Agence européenne du médicament concernant un risque supplémentaire de développer des thromboses. Malgré la reprise des injections, les Français se montrent méfiants. Jean-Paul Garraud se souvient d’une question posée au parlement européen durant les essais cliniques de l’AstraZeneca : « Il y avait  une suspension des essais clinique de ce vaccin donc je m’étais interrogé. La commission ne m’a pas répondu. Elle m’a finalement répondu 6 mois plus tard avec une réponse qui ne voulait rien dire ». Aujourd’hui, Jean-Paul Garraud souhaite que la vaccination accélère en France, quitte à se détacher de l’Union européenne et à négocier directement auprès des laboratoires comme l’a fait Israël : « C’est plus une question d’argent, quel que soit le coup, il faut vacciner cette population ».

« L’acquisition automatique de la nationalité pose un problème »

48% des Français estiment probable une victoire de Marine le Pen en 2022. C’est le résultat d’un sondage Elabe. Pour Jean-Paul Garraud, il n’y a aucune surprise : « ça fait longtemps qu’elle dit les choses. Il s’avère aujourd’hui qu’elle a raison et que les gens s’en rendent compte ». Interrogé sur le changement de stratégie de Marine le Pen, concernant l’Europe ou l’écologie, celui que la présidente du RN veut comme Garde des sceaux en cas victoire s’explique : «  On ne va pas reprocher à Marine le Pen d’avoir évolué, elle a adapté les choses mais ce n’est pas une stratégie électorale ». Si la présidente du Rassemblement National l’emporte, elle a d’ores et déjà annoncé que des référendums sur l’écologie ou l’immigration seraient organisés. Une façon de faire participer les citoyens selon Jean-Paul Garraud : « On ne va pas se refermer sur nous. On veut redonner la parole au peuple et vous verrez que les réponses seront fermes. La première question à poser, c’est celle du droit du sol. L’acquisition automatique de la nationalité pose un problème ». Pour conclure, le député européen a expliqué que la crise sanitaire n’était pas la principale cause de l’ascension de Marine le Pen dans les sondages : «  les problèmes du gouvernement ne font pas monter Marine le Pen dans les sondages, les gens se rendent juste compte qu’elle a raison ! »

 

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Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

 

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