Natalia Pouzyrref sur l’islamo-gauchisme : « on a basculé de lutte sociale à luttes identitaires »

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INTERVIEW / VIDEO - Dans « 20h, l’invitée », mardi 23 février, Natalia Pouzyrref s’est exprimée au sujet de la polémique sur l’islamo-gauchisme dans les universités françaises. La députée LREM des Yvelines a expliqué que cette polémique était surtout « un débat qui passionne les intellectuels ». Autre sujet évoqué, la crise sanitaire. Natalia Pouzyrref a confirmé la stratégie du gouvernement : « Le confinement total doit rester la solution ultime ». 

« Le virus gagne de nouveau du terrain depuis une semaine » a alerté, lors d’une conférence de presse, jeudi 25 février, Jean Castex. Le Premier ministre, qui a placé 20 départements sous surveillance renforcée, a confirmé la nouvelle stratégie d’Emmanuel Macron. Les mesures prises sont désormais teritorialisées. Natalia Pouzyrref, invitée de Fréquence ESJ, a venté cette stratégie en expliquant que le « confinement total devait rester la solution ultime ». Nice, où les premières mesures locales ont été décrétées, est un exemple de réussite selon la députée des Yvelines : « tant qu’on peut tenir, on tient, on ne fait pas de confinement. Mais il faut écouter les élus locaux. Ca a été le cas à Nice, il n’y avait pas d’autres choix ». Depuis, l’agglomération de Dunkerque a appris qu’elle serait reconfinée le week-end et vingt autres départements pourraient subir le même sort en fonction des indicateurs épidémiques : « Là où les hôpitaux sont en souffrance, on prend des mesures, c’est ça qui dimensionne, c’est la capacité du système de soin ». Certains médecins comme Gilles Pialloux ou élus locaux estiment que ces décisions locales interviennent pourtant trop tard. Natalia Pouzyrref a tenté d’expliquer ce point d’ombre : « La proportion de variant mais aussi la réserve en soignant n’est pas la même partout,  mais la décision bascule d’un jour à l’autre. Il ne faut pas trop anticiper car ça freine les gens dans leur vie quotidienne ». Si la pression épidémique s’accentue dans certains territoires, d’autre comme la Bretagne ont des chiffres nettement inférieures à la moyenne nationale. Ce qui a poussé le député des Côtes-d’Armor Marc le Fur à écrire au Premier ministre pour demander des mesures d’assouplissement indispensable pour "le moral et la santé psychologique des français". Sa collègue à l’assemblée nationale ne s’est pas montrée aussi optimiste : « On est sur un plateau, il faut attendre de voir au retour des vacances, il ne faut pas bouger sur les règles ». Avant d’insister sur un point : « Il faut éviter d’avoir plusieurs solutions partout. C’est le cas en Allemagne où les landers avaient tous des politiques différentes et à un moment le fédéral a fini par reprendre la main ».

Une mesure, déjà évoquée lors du second confinement, a ressurgi dans un article publié par certains membres du Conseil Scientifique dans la revue The Lancet : l’auto-isolement des personnes vulnérables qui représentent une part considérable des décès et des hospitalisations liées au coronavirus. Pour la député des Yvelines, on « ne peut pas faire signer un engament aux personnes concernées, ça ne serait pas une mesure qui se prête à la situation ». Néanmoins, Natalia Pouzyrref s’est montré favorable à « des incitations » pour encourager l’auto-isolement des personnes vulnérables. 

« Je ne suis pas sur que ça passionne tous les français »

« Un débat d’intellectuel ». Voilà comment Natalia Pouzyrref qualifie cette polémique sur l’islamo-gauchisme déclenchée le 15 février dernier. La ministre de l’enseignement supérieure, Frédérique Vidal, avait fait bondir les présidents d’universités en expliquant que l’islamo-gauchisme « gangrène la société » et que « les universités n’étaient pas imperméables ». Ce terme, créé en 2002, reste pourtant flou et controversé. Alors Natalia Pouzyrref a donné sa propre définition de l’islamo-gauchisme : « il y a toujours eu des mouvances, qui sont plus ou moins bien définies donc je l’apparenterai à ce mouvement de gauche identitaire où une partie de la gauche a vu que le discours d’avenir lumineux ne fonctionnait plus et ils ont décidé de s’adresser à des minorités » . Avant de conclure : « on a basculé de lutte sociale à des luttes identitaires ». Concernant la présence ou non de cette mouvance dans les universités, la député a botté en touche : «  je ne sais pas si l’islamo-gauchisme fait des ravages dans les universités mais de tout temps, on a eu ce débat sur ces universitaires très politisés, il y a des matières qui s’y prêtent ». Cependant, Natalia Pouzyrref a tenu à revenir sur l’importance de cette polémique et sa place dans les discussions depuis les propos de Mme Vidal : « c’est un débat qui passionne les intellectuels, je ne suis pas sur qu’il passionne tous les français. La polémique a grossi car c’est un débat d’intellectuels, laissons-leurs ce débat ». Depuis, Frédérique Vidal à commandé une enquête au CNRS concernant l’ismamo-gauchisme dans les universités. La député LREM s’est montrée sceptique quant au terme « d’enquête »« Je bloque sur le terme enquête car ça a une connotation judiciaire. On aurait du mettre étude sociologique ». Pour conclure, et au delà de cette polémique, Natalia Pouzyrref a donné un conseil aux premiers concernés, les étudiants : « Il faut que les étudiants continuent à travailler leur esprit critique quand on leur vend une mouvance, une idéologie ». 

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Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

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