Rémi Féraud : “Emmanuel Macron parle des jeunes en difficulté mais il refuse de prendre des mesures à la hauteur”

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INTERVIEW / VIDEO - Le sénateur socialiste Rémi Féraud était en direct dans « 20h, l’invité », mardi 5 janvier, sur Fréquence ESJ. S’il salue les mesures économiques et sociales prises par le gouvernement, il affirme qu’il reste encore beaucoup à faire pour aider les jeunes et les plus bas revenus.

 

Cette crise économique et sociale est d’une ampleur sans précédent”, entame Rémi Féraud, sénateur du Parti socialiste. Aujourd’hui, 300 000 personnes en France sont sans abris et près de 10 millions de Français sont à présent en dessous du seuil de pauvreté, selon le Secours catholique. Pour le sénateur, la crise économique pourrait bien causer plus de mort que la crise sanitaire. Pourtant, “il y a une forme d’indifférence du gouvernement pour ces personnes les plus en difficultés”, affirme Rémi Féraud.

Une dotation d’autonomie jeunesse” pour les 18-25 ans et les étudiants

Pour le sénateur, les grands oubliés du gouvernement restent les plus jeunes. Il rappelle que “cette crise aura pour eux des conséquences psychologiques très fortes”, en plus des difficultés économiques. “Le Parti socialiste revendique, affirme Rémi Féraud, une dotation d’autonomie jeunesse”. Cette dernière “permettra d’étendre les minimas sociaux aux jeunes de 18 à 25 ans”, comme le RSA, “ainsi qu’aux étudiants dont beaucoup sont dans une situation dramatique.”

Pour Rémi Féraud, “Emmanuel Macron parle de jeunes en difficulté mais il refuse de prendre des mesures à la hauteur”, selon lui “pour des raisons très idéologiques”. Ici, il s’attaque à l’aide de 150 euros allouée aux étudiants lors du mois de décembre. Bien trop peu selon lui. “On ne vit pas un seul mois !”, fustige le sénateur. “Il faut que ce soit tous les mois. Un complément des APL pour permettre aux étudiant de passer ce cap”, explique-t-il avant de rappeler que “beaucoup ont perdu l’emploi qui accompagnait leurs études”.

Les mesures prises sont pertinentes mais il reste des trous dans la raquette

S’il reconnait que le gouvernement a pris un grand nombre de mesures, il considère qu’il peut et doit aller plus loin. “Nous, socialistes, avons demandé au gouvernement de financer le chômage partiel et les aides d’urgence, notamment dans les secteurs de la restauration ou de la culture”. Autant de mesures prises et maintenues par le gouvernement. Mais Rémi Féraud rappelle que les socialistes demandaient beaucoup plus dans la lutte contre la pauvreté en général. “Si les mesures prises sont pertinentes et nécessaires, il reste des trous dans la raquette”, ironise-t-il, sans pourtant esquisser le moindre sourire. Le Parti socialiste demande notamment de faire contribuer davantage “les plus hauts revenus et les grandes entreprises”. Selon Rémi Féraud, plusieurs grands groupes “n’ont pas eu de difficultés matérielles particulières” pendant cette crise, sans toutefois préciser lesquelles. Pourtant, selon le sénateur, le gouvernement s’est obstiné à “considérer comme non négociable” le retour de l’ISF ou la hausse des impôts des grandes entreprises. 

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Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

 

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