Xavier Iacovelli : « L’hôpital n’est pas au fond du gouffre, il a su résister pendant cette crise ! »

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INTERVIEW / VIDÉO - Élu sénateur en 2017 sous l’étiquette du parti socialiste, Xavier Iacovelli rejoint le groupe LREM en novembre 2019. Par ailleurs candidat à la mairie de Suresnes, il est revenu sur le maintien du second tour des municipales le 28 juin prochain et les difficultés de l’hôpital dans « 20h, l’Invité », mardi 26 mai.

Né à Suresnes en 1981, Xavier Iacovelli, sénateur LREM, tentera de s’imposer dans sa ville natale au second tour des élections municipales le 28 juin. Longtemps incertain et après de multiples échanges avec les groupes politiques et le Conseil scientifique, Édouard Philippe a donné son accord pour un second tour dans les 5 000 communes où le conseil municipal n’a pas été élu au premier tour.

« Je pense que c'est trop tôt »

Xavier Iacovelli, qui a récolté 26,84 % des suffrages face au candidat de droite Guillaume Boudy, devra faire campagne à Suresnes dans des conditions particulières. Pour lui, cette date du 28 juin aurait dû être repoussée : « je pense que c’est trop tôt ». Malgré ça, le sénateur de 39 ans ne « pense pas que le gouvernement fasse courir un risque aux Français ». Ces élections seront encadrées et le port du masque sera obligatoire a annoncé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Le respect de ces règles par les électeurs n’inquiète pas l’ex-socialiste : « C’est possible de faire respecter les mesures barrières, mais ce qui me fait peur, c’est l’abstention ! ». Lors du premier tour, le taux d'abstention s'était élevé à 55 %, un record. La crainte d’attraper le coronavirus pourrait dissuader les électeurs de se rendre aux urnes d’après Xavier Iacovelli. Les maires auront d'ailleurs un rôle important dans la relance économique après l’épisode du coronavirus. « Les élus s’occupent d’une ville pendant six ans, il faut éviter une abstention massive ! » explique le sénateur. Il reste tout de même modéré. Si une abstention importante devait se produire, la démocratie ne serait pas pour autant mise en danger : « La démocratie n’est pas en danger à cause de ce second tour, 30 000 communes ont déjà un maire ! ».

« ON RÉINVENTE UNE SOCIÉTÉ QUI NE SERA PAS CELLE D’HIER »

Titulaire d’un bac hôtellerie restauration et d’un BTS à l'école hôtelière Paris-Jean Drouant, la survie du secteur de l’hôtellerie restauration est une priorité pour Xavier Iacovelli. Selon lui, les mesures nécessaires ont été prises : « On a voté au Sénat 18 milliards d’aides pour les restaurateurs ». La réouverture des restaurants, fixé au 2 juin par Édouard Philippe, sera encadrée mais le sénateur ne se fait pas de soucis au sujet du respect des consignes sanitaires : « Tout le monde jouera le jeu, et si les professionnels ne respectent pas les mesures sanitaires, les clients ne reviendront pas ».

Xavier Iacovelli a aussi réagi au sujet de Jean-Marie Bigard qui, après avoir critiqué le gouvernement au sujet de la non-réouverture des bars malgré le déconfinement, se serait entretenu avec le président de la République : « Je trouve ça complètement nul, Jean-Marie Bigard ne m’intéresse pas ». L’élu est apparu passablement énervé au sujet de cette polémique, déclenché par l’humoriste lui-même, où il assure qu’Emmanuel Macron lui aurait donné raison. Xavier Iacovelli a préféré rappeler que Jean-Marie Bigard ne faisait pas l’unanimité : « il a été candidat à Paris sur la liste de Marcel Campion et a fait moins de 1%, je le laisse donc retourner faire ses spectacles et blagues vaseuses ».

« ON DOIT TOUT REMETTRE À PLAT »

Alors que l’hôpital sort d’une période extrêmement difficile avec un afflux de patients liés au Covid-19, les soignants sont plus révoltés que jamais. Après avoir alerté pendant de nombreuses années sur les difficultés et les manques de moyens dans leurs hôpitaux, ils attendent des réponses de la part du gouvernement. Pour satisfaire le personnel hospitalier, l’exécutif a inauguré le « Ségur de la santé ». Cette grande concertation durera sept semaines et aura pour but de refonder le système de soins français, en passant par des discussions autour des rémunérations ou encore du temps de travail. Xavier Iacovelli pense que « ce Ségur de la santé va être profitable pour tous », mais refuse de rejeter la faute sur le gouvernement actuel. « La difficulté dans les hôpitaux date des années 2000, mais cette crise a mis en avant les difficultés de l’hôpital aux yeux du grand public ». Pour lui, il faut repenser entièrement le système de santé français : « On doit tout remettre à plat, c’est indispensable. On a le service de santé qui coûte le plus cher en Europe mais les personnels hospitaliers les moins bien payés ! ». Pour le sénateur, l’hôpital a tout de même « su résister pendant cette crise », tout comme « le gouvernement qui a été à la hauteur et qui a accompagné la population, personne n’a été oubliée ! ». L’écologie, à l'inverse, est passée au second plan pendant la crise, ce qui a poussé certains députés à quitter La République en Marche. C’est la raison pour laquelle « l’écologie devra être au premier plan dans les mois à venir » pour Xavier Iacovelli, si le parti présidentiel veut s’inscrire dans la durée. 

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  Photo : Anne-Sophie Damecour / LP

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