Damien Abad : « Nous proposons une solution de dépistage massive, systématique et régulière du personnel enseignant »

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INTERVIEW / VIDEO - Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, a insisté sur la nécessité du retour à l’école des enfants, mardi 12 mai, dans « 20h, l’Invité ». Selon lui, il faut mettre en pratique toutes les mesures instaurées par le gouvernent, et même plus, pour que le retour à l’école se fasse dans de bonnes conditions.

 

Diplômé de Sciences Po Bordeaux et Sciences Po Paris, Damien Abad n’a jamais cessé de mettre en pratique ses idées. Ce passionné de débats est un habitué du monde politique. A 40 ans, Damien Abad est le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale. D’un ton lent et posé, avec son l’accent fleuri, il est revenu sur la nécessité de l’ouverture des écoles pour les enfants. « Le retour à l’école est nécessaire. Seulement, il doit se faire sous protection. (…) Il faut des protections pour les enseignants et pour le personnel des établissements scolaires. Mais il faut aussi mettre en place des prises de température, respecter la distanciation physique et un certain nombre de mesures sanitaires ». Selon lui, la crise du Covid-19 ne doit pas nuire davantage à la continuité pédagogique des élèves. Le risque d’être contaminé existe toujours, il faut donc être vigilant mais retourner sur les bancs de l’école. « Le risque 0 n’existe pas. (…) Quand vous prenez votre voiture, vous prenez un risque. Quand vous sortez, vous avez un risque et même chez vous, vous avez un risque. L’objectif, c’est de les limiter et de faire de la pédagogie ». explique Damien Abad.

La décision du gouvernement sur le retour en classe, au deuxième jour du déconfinement, le 12 mai, a divisé la classe politique. Il a donc été décidé qu’il se ferait sur la base du volontariat. Une mesure désapprouvée par Damien Abad : « J’ai beaucoup de réserve sur le volontariat. Ça crée une sorte d’école à la carte. Avec un triple volontariat : est-ce que c’est soumis au bon vouloir des parents d’élèves ? Est-ce que c’est soumis au bon vouloir des directeurs d’école ? Des maires ou des professeurs ? Je pense qu’il ne faut pas oublier que dans notre pays, l’école est obligatoire. Ce caractère volontaire ne peut pas durer indéfiniment ».

« Pour faire face au virus, nous proposons la méthode allemande »

La crise du coronavirus a démontré un point : la France n’était pas préparée à gérer une crise sanitaire d’une telle ampleur. Pour le député de la 5e circonscription de l’Ain, il faut tirer des leçons de cette situation. « Au-delà de l’épidémie, on voit bien qu’il y a une évolution dans notre société occidentale. Aujourd’hui, si les pays asiatiques sont mieux préparés que nous, c’est parce qu’une culture, une pédagogie, est organisée dès le plus jeune âge. Il faut qu’on profite de cette crise pour instaurer cette culture de la protection et de la nécessité de respecter un certain nombre de gestes barrières ».

Contrairement à l’Italie, l’Espagne et la France, l’Allemagne a su gérer les cas de contaminations. Damien Abad estime que la gestion allemande de la crise est un exemple. « Pour faire face au virus, nous proposons la méthode allemande. Celle-ci propose de tester les enseignants une fois par semaine. Ce qui nous permet d’avoir une récurrence dans le test, d’identifier ceux qui ont des symptômes et ceux qui sont asymptomatiques. Ce que le gouvernement oublie de dire, c’est qu’il y a 30% des cas qui sont asymptomatiques. Pourtant, ces cas sont très importants car ce sont eux qui peuvent propager le virus. (…) Nous proposons une solution de dépistage massive, systématique et régulière du personnel enseignant ».

« La France est à terre parce qu’elle manque de masques et qu’elle manque de tests »

700 000 tests seront disponibles par semaine, à partir du 11 mai, avait assuré le ministre de la Santé, Olivier Véran, fin avril. Une annonce à laquelle Damien Abad ne croit pas. « J’ai le sentiment que ce ne sera pas atteint. C’est une inquiétude. (…) Dans les Epadh, il n’y a toujours pas de tests systématiques. Il faut tendre vers ça. L’Allemagne fait 3 millions de tests (…) Ce n’est pas normal qu’un pays comme la France ne soit pas capable d’avoir suffisamment de masques et de tests. Je sais qu’il y avait un manque de stock de masques mais je sais aussi qu’on aurait pu anticiper plus et faire des commandes beaucoup plus tôt ». Pour le député Les Républicains, « la France est à terre parce qu’elle manque de masques et qu’elle manque de tests ».

Afin de se renseigner sur l’évolution de la crise et des mesures prises par le gouvernement, Damien Abad a pu discuter avec Jean Castex, l’homme en charge du déconfinement, mardi 12 mai. « Nous avons beaucoup parlé. Il m’a dit que nous étions en capacité de faire tous ces tests, notamment via des plateformes et des laboratoires publics et privés. Il faut qu’on monte en puissance : détecter, tester, isoler. C’est la clé de la réussite du déconfinement ». 

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Photo : Archives / Manon Blangis / Fréquence ESJ

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