Chang Hua Peng: « Je fais partie d’une génération qui a déjà fait une croix sur sa retraite. »

(Reading time: 3 - 5 minutes)
c_1100_500_16777215_00_images_articles_Chang_Hua_Peng.jpg

INTERVIEW - Tête de liste fraîchement désignée pour l’investiture de la mairie du XIIIe arrondissement de Paris, Chang Hua Peng représente une large collation du centre-droit parmi laquelle figurent les partis de LREM, Modem, Udi, Mouvement Radical et agir75. Alors que la campagne municipales entre dans sa dernière ligne droite, l’avocat de formation était notre invité politique mardi 4 février. L’occasion pour lui de répondre aux critiques concernant la liste de Benjamin Griveaux et de partager une vision particulièrement pessimiste concernant le régime de retraites français.

 

Le Modem a tardé a rejoindre La République en Marche dans la course à Paris, mais selon Chang Hua Peng, cela n’est pas dû à une hésitation mais à l’espoir jusqu’au dernier moment que Cédric Villani viendrait finalement grossir les rangs de ce rassemblement pluriel du centre. Quant à l’absence de « Plan B » comme l’avait regretté François Bayrou, Chang Hua Peng considère que « Benjamin Griveaux a toute sa légitimité, il fait une bonne campagne » et lorsque l’on évoque la 3e position du candidat dans les sondages derrière la surprise Rachida Dati, « les sondages ne sont la photographie que d’un temps « T » et seulement à l’échelle de Paris. », avant de rappeler que la particularité de l’élection à Paris ne permet pas de considérer les sondages comme un outils fiable.

 

« Je préfère un grand projet comme celui-ci plutôt que de planter des arbres à quelques endroits comme le propose Anne Hidalgo. C’est un sparadrap ! »

 

Ces dernières semaines, Benjamin Griveaux a fait une proposition étonnante, détruire la Gare de l’Est pour y faire un grand espace de verdure. Moqué par de nombreux adversaires politiques et critiqué sur la faisabilité de son projet, la proposition est pourtant toujours d’actualité. Et Chang Hua Peng soutient cette initiative, qui sera selon lui une poche de respiration dans l’un des quartiers les plus populaires de Paris. Pour lui le constat est simple « Ces gares là sont amenées à disparaitre d’un point de vue utilitaire, soit on fait des bureaux, soit on fait des jardins. ». Selon lui, Benjamin Griveaux sait très précisément ce qu’il fait est tout a été budgétisé pour que le projet soit réalisable. Un projet très ambitieux donc, mais une force selon le candidat à la mairie du XIIIe arrondissement puisque selon lui, « Je préfère un grand projet comme celui-ci plutôt que de planter des arbres à quelques endroits comme le propose Anne Hidalgo. C’est un sparadrap ! »

 

« Je fais partie d’une génération qui a déjà fait une croix sur sa retraite. »

 

Un réforme qui pourrait jouer en défaveur des candidats LREM pendant cette campagne municipale, c’est celle des retraites. Mais à cela, Chang Hua Peng répond qu’il ne ressent pas sur le terrain lorsqu’il rencontre les citoyens, le même miroir déformant dont il accuse les médias de faire usage. Selon lui, l’action gouvernementale dans l’ensemble de ce dossier n’est pas si mal perçue qu’on pourrait le croire et considère que les électeurs sauront faire la différence entre une réforme nationale et un projet local. Mais cette réforme touche également sa profession, et depuis plusieurs semaines, les avocats sont en grève pour conserver leur régime particulier. Par confraternité, il est tenté de dire qu’il soutient les avocats, et tire ce constat, « les retraites personne n’y comprend rien, c’est comme le mille feuille administratif français. ». Pour lui la simplification de la réforme sera bénéfique et le problème est selon lui d’un point de vue de la solidarité et de l’humanisme entre les corps de métiers. Dans sa logique, si une caisse est excédentaire, il en va de la solidarité d’équilibrer les autres. Mais là où Chang Hua Peng adopte une position assez étonnante, c’est dans son pessimisme concernant le système de retraites français, « Si vous voulez mon sentiment profond, je fais partie d’une génération qui a déjà fait une croix sur sa retraite. Parce que c’est un constat très simple: lorsque j’arriverai à la retraite, la France n’aura plus l’argent. (…) J’ai une vision rationnelle! ». Un constat personnel qui reflète son opinion politique sur le sujet puisque selon le candidat parisien, une vaste réforme aurait du être menée en 1995 par Alain Juppé car la France doit s’aligner sur le modèle de ses concurrents mondiaux.

 Photo: Manon Blangis

 

 

Derniers articles