Jean Bizet : “Le Brexit est une faute géostratégique majeure”

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INTERVIEW - Le sénateur Les Républicains, Jean Bizet, déplore le Brexit. En ligne mardi 28 janvier dans « 20h l’invité » sur Fréquence ESJ, il a confié ses regrets quant au départ des Britanniques mais s’est montré confiant en l’unité dont ont fait preuve les 27 au cours de cette crise.

 

La nuit dernière, les britanniques nous ont quitté. Plus de trois ans et demi après le référendum sur le Brexit, le 23 juin 2016, le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne est à présent officiel. « C’est une bonne chose que cela arrive à sa fin », explique Jean Bizet, sénateur de la Manche. Ouvertement contre le Brexit, il considère toutefois que les années de négociations interminables ne faisaient que retarder l’inévitable. D’un point de vue économique, le sénateur confie que l’officialisation de cette sortie était préférable, notamment pour nos entreprises pour qui « la fin de l’incertitude (...) va permettre de tabler sur du tangible ».

Une période de transition de 11 mois

Le divorce officialisé, le Royaume-Uni et l’UE poursuivront toutefois leurs échanges de la même manière jusqu’au 31 décembre 2020. Une période transitoire, durant laquelle Londres et Bruxelles discuteront de leurs futures relations. Là où certains pourraient y voir un nouveau délai accordé à Boris Johnson, Jean Bizet y voit une « vassalité de la Grande-Bretagne » envers l’UE. « Durant cette transition », explique-t-il, « le Royaume-Uni reste sous autorité de la cour de Justice Européenne, mais sans son mot à dire sur les différentes propositions votées » parmi les 27. Un détail qui met le gouvernement de Boris Johnson en très mauvaise posture par rapport à l’UE pour les 11 prochains mois, alors que l’idée du Brexit était pourtant de s’affranchir de la juridiction européenne. « C’est eux qui vont en souffrir le plus », affirme le sénateur Les Républicains. « Le Brexit ne me satisfait pas. C’est une faute géostratégique majeure qui va essentiellement handicaper la Grande-Bretagne et qui va également handicaper les 27 dans une moindre proportion ». Il est clair qu’en perdant son troisième plus gros contributeur économique et près de 66 millions d’habitants, le Brexit va définitivement « fragiliser l’UE », ajoute-t-il.

« Le Brexit a permis de constater l’unité des 27 »

L’eurosceptisme monte en France, tout comme dans les autres pays membres. Avec la sortie du Royaume-Uni, beaucoup d’opposants à l’UE y voient une opportunité d’emboîter le pas et de suivre les Britanniques hors de l’Union. Jean Bizet n’a cependant « absolument pas » peur que la France prenne la même voix. Le sénateur, bien qu’il « regrette cette affaire du Brexit », considère qu’elle a permis de « constater l’unité des 27 ». Les Etats membres ont ainsi pris conscience qu’ils étaient « copropriétaires du marché unique de l’UE », « le premier marché économique mondial », rappelle-t-il. Cela a permis de renforcer « l’appartenance à l’Union Européenne ». Bien qu’elle sorte de cette crise amoindrie, l’Union Européenne est toutefois plus soudée qu’auparavant. Et elle en aura besoin. Jean Bizet, s’il salue l’unité dont ont fait preuve les 27, sait qu’ils devront doubler de vigilance. Il prévoit notamment du « dumping », une concurrence déloyale, de la part du Royaume-Uni, principalement sur les plans financier et commercial. Conclusion : « A nous de sécuriser notre marché ».

 

Photo : Sonia Kerlidou / Sénat

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