Florian Philippot : « Emmanuel Macron a une responsabilité gravissime dans l’affaire d’Alstom »

(Reading time: 2 - 4 minutes)
c_1100_500_16777215_00_images_articles_florian_philippot_-_20h_linvité_-_photo_lucas_pierre.jpg

INTERVIEW - Florian Philippot, président du mouvement « Les patriotes » était l’invité de l’émission « 20h l’invité », mardi 25 juin. L’ancien vice-président du Front national est revenu sur le Service National Universel, actuellement en phase de test en France, ainsi que sur la situation de la compagnie General Electric. Florian Philippot a également tiré ses conclusions suite à sa défaite aux élections européennes de 2019.

 

Favorable au retour d’un service militaire « version 2019 », Florian Philippot se montre plutôt satisfait de la création du Service National Universel, actuellement en phase de test en France. « Je préfère ça plutôt que rien. Je vous l’avoue parce que ce n’est pas plus mal que des jeunes de toute condition se retrouvent et qu’on puisse retrouver ce brassage, qu’on chante la Marseillaise, qu’on réapprenne certaines valeurs… c’est mieux que rien. » L’ancien vice-président du Front national se montre plus nuancé sur la durée de l’expérimentation. Le gouvernement a fait le choix de tester son service sur une période de quinze jours. Trop peu pour Florian Philippot : « Je pense que le service devrait durer 3 mois effectivement. Mais pour cette durée, il faudrait en parallèle réinvestir dans le budget de la défense nationale, qui est tombé bien bas. Il faudrait ré-atteindre 2% du PIB, voire à terme, 3% » explique-t-il.

Également interrogé sur la suppression de 1050 emplois au sein de la compagnie General Electric, qui a acheté Alstom en 2015, l’ancien député européen se montre plus que critique envers le président de la République : « Emmanuel Macron a une responsabilité gravissime dans l’affaire d’Alstom (…) Emmanuel Macron – alors ministre de l’économie – a au minimum sacrifié Alstom et ses salariés, mais également une technologie française et une capacité française à vendre, à exporter dans le monde entier. Il l’a fait pour quels intérêts ? Je ne le sais pas aujourd’hui. »

« Les élections européennes se sont résumées à un referendum »

L’ancien député européen pointe également du doigt l’Union Européenne dans cette affaire : « Comment voulez-vous qu’un État intervienne [pour préserver son industrie] quand il ne maîtrise ni sa monnaie, ni son budget ? Quand les aides d’État sont interdites par les traités européens et que la politique industrielle est corsetée par ce mythe de la concurrence libre et non faussée ? (…) Vous ne pouvez plus avoir de politique industrielle dans ces conditions et nous verrons notre industrie et les emplois industriels disparaître et être délocalisés dans d'autres pays tant que nous n’aurons pas un État souverain digne de ce nom. Il faut donc sortir de l’UE. »

Sortir de l’Union Européenne, tel était le programme de Florian Philippot aux élections européennes. Avec 0,65% des voix, le mouvement des Patriotes n’envoie aucun député au Parlement européen. Une déception pour son président, qui explique cette défaite par la jeunesse de son parti et l’arrivée d’Emmanuel Macron dans la campagne : « Les élections européennes se sont résumées à un référendum avec du vote utile, aussi bien pour En Marche que pour le Rassemblement national. » Le président des Patriotes tire néanmoins ses conclusions, suite à sa défaite : «Je ne sors pas des élections en disant « on continue tout comme avant, on verra bien. Il faut aussi tirer la leçon. Moi je veux travailler sur les idées, parce que je pense que nous n’avons pas assez d’influence sur la société française et sur les débats qui la traversent, en dehors des périodes électorales. »

REGARDEZ L'ÉMISSION EN VIDÉO

Photo : Lucas Pierre / Fréquence ESJ

 

Derniers articles