Martin Lévrier : « aujourd’hui il n’y a plus de gilets jaunes »

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INTERVIEW/VIDEO - Le sénateur La République En Marche des Yvelines, Martin Lévrier, était l’invité de « 20h l’invité » mardi 30 avril. Il est notamment revenu, à la veille des manifestations du 1er Mai, sur le caractère « révolutionnaire » des gilets jaunes. Il a également défendu les annonces faites par le président de la République pour sortir de la crise sociale.

 

« On n’en a pas fini avec le mouvement des gilets jaunes » entame d’un ton ferme le sénateur des Yvelines. Pour Martin Lévrier, ceux qui se trouvent encore dans la rue « ne représentent pas le mouvement », il ajoute même qu’« aujourd’hui il n’y a plus de vrais gilets jaunes ». Selon lui les « 20 000 français qui restent [chiffres du ministère de l’Intérieur ndlr] sont des révolutionnaires qui ne souhaitent qu’une seule chose, faire tomber le gouvernement et la République ». D’après le sénateur, les gilets jaunes n’ont plus « que deux revendications : le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) et la démission d’Emmanuel Macron », ce qui « reviendrait au même » selon lui. Martin Lévrier déplore également la présence des « soi-disant partis de gauche » et « des syndicats », qui « n’ont pas leur place » lors des « actes gilets jaunes » organisés tous les samedis depuis près de six mois.

Pourtant Martin Lévrier affirme qu’au départ il « trouvait ce mouvement apolitique positif », il confie avoir « assisté aux quatre premières manifestations à Paris sur les Champs-Elysées ». Le sénateur se prononce même en faveur « d’un RIC au niveau local », car selon lui cela permettrait « aux citoyens de mieux gérer les problématiques liées à leur commune ». Cependant, le conseiller municipale de Versailles pense que « le mouvement des gilets jaunes a manqué de structure dès qu’il a voulu se constituer comme une force politique ». L’élu des Yvelines fait ici référence aux nombreux porte-paroles gilets jaunes, comme Ingrid Levavasseur ou Jacline Mouraud, qui ont été « éjecté du mouvement » alors qu’ils « tentaient de créer une formation politique ». Il regrette ce « manque de démocratie » qui conduit aujourd’hui le mouvement à « dire non à tout et à faire taire les voix dissidente ».

« Les annonces du gouvernement ont mis un terme au mouvement des vrais gilets jaunes »

Pour autant, cette « radicalité » n’est pas la seule raison qui expliquerait « l’essoufflement du mouvement » selon Martin Lévrier. Il déclare que ce sont les annonces du gouvernement qui « ont mis un terme au mouvement des vrais gilets jaunes » : « on a répondu à la violence par le dialogue grâce au Grand Débat National ». Le sénateur des Yvelines souligne les « 15 milliards d’euros dégagés pour améliorer le pouvoir d’achat ». Dans le détail, le gouvernement à diriger dix milliards d’euros, au mois de Décembre, « vers les smicards, les retraités et les bas salaires, notamment en supprimant la taxe d’habitation, en augmentant les pensions de retraite et les primes d’activité ». Puis le président a annoncé, le 25 Avril dernier, « une diminution de 5 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu pour les particuliers de la première et deuxième tranche ».

Même si les mesures restent contestées par l’opposition et les gilets jaunes qui demandaient une hausse des salaires, plus de tranches d’impôt et une diminution de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), Martin Lévrier affirme qu’il était « nécessaire de rééquilibrer les aides entre les plus pauvres et les classes moyennes, pour pas que ces dernières se sentent lésés ». Sur le reste, il estime qu’une baisse de la TVA « enrichirait uniquement les commerçants » et qu’une augmentation du nombre de tranche d’imposition rendrait l’impôt « encore plus complexe qu’il ne l’est déjà, et n’apporterait pas plus de justice fiscale ».

« On ne règle pas le problème de l’urgence climatique avec des taxes, même sur les gros pollueurs »

Le sénateur a aussi défendue le projet écologique du gouvernement et notamment la « petite loi énergie », dont les huit articles sont jugés insuffisant face à l’urgence climatique. Pour Martin Lévrier il faut sortir de l’écologie punitive : « on ne règle pas un tel problème avec des taxes même sur les gros pollueur ». Pour lui, les propositions faites en matière d’écologie lors du Grand Débat « manquaient de financement ou alors allaient toujours dans le sens d’un impôt supplémentaire ». Selon l’élu des Yvelines il faut « des projets crédibles », et « c’est justement ce à quoi servira le tirage au sort annuel de 150 citoyens, pour qu’ils soient force de proposition auprès du Conseil Economique social et Environnemental (CESE) ».

Photo Lucas Pierre / Fréquence ESJ

 

 

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