• Slide FESJ 2015

Marc Fesneau : « À l’Assemblée nationale, on ne s’écoute pas parler »

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INTERVIEW/VIDEO - Marc Fesneau était notre invité, mardi 3 avril dans « 20h, l'invité ». Ensemble, nous sommes revenus sur l’actulaité, les grèves, les différentes lois en discussions à l’Assemblée nationale mais aussi sur les différents conflits internationaux. L’actuel chef de groupe du MoDem à l’Assemblée nationale comprend notamment le sentiment de colère qui est en train de naître chez les salariés des enseignes Carrefour. Il souhaite aussi que le budget de l’armée augmente.

 

La grève à la SNCF, tout le monde en parle. Le trafic est maintenant perturbé sur l’ensemble du territoire et ce, depuis plusieurs jours maintenant. Le mouvement de grève devrait d'ailleurs s’intensifier. Les cheminots ne souhaitent pas voir leur statut évoluer. De plus, l’ensemble des salariés de la société de chemin de fer sont contre une ouverture à la concurrence progressive annoncée par le gouvernement. Le député de la première circonscription du Loir-et-Cher Marc Fesneau souhaite « évidement qu’un dialogue constructif se mette en place entre la SNCF et le gouvernement ». Cependant, le chef du groupe MoDem à l’Assemblée nationale doit quand même faire face à un réel constat : « La SNCF est réellement en situation de déficit, notamment avec ses 46 milliard d’euros de dette. L’ouverture à la concurrence inquiète réellement les salariés de la société de chemin de fer mais aussi les Français. Certains craignent de voir disparaître certaines lignes. Les petites lignes ou « les lignes les moins rentables » selon les différents libéraux. Face à cela, Marc Fesneau se veut très franc : « il y a, dans certaines zones françaises, déjà un manque de trains. De nombreuses petites lignes ont déjà été supprimées ». Il faut alors relativiser. Le député est sûr d’une chose : « la question de la mobilité doit être engagée ». C’est ainsi que Marc Fresneau propose des alternatives aux manques de certains trains comme le bus ou le covoiturage. « Il faut alors rappeler que la SNCF a déjà depuis longtemps son réseau de bus » ajoute-t-il.

« On a peut-être trop laissé de liberté aux grandes distributions »

La société de grande distribution Carrefour a annoncé un plan de départ. Au bout du compte, 2 400 postes sont menacés. « On le sait, depuis un certain temps déjà, Carrefour était en difficulté » annonce d’emblée le chef du groupe MoDem à l’Assemblée Nationale. Il comprend malgré tout, « la colère des salariés ». Pour expliquer ce phénomène, il pense « qu’on a peut-être trop laissé de liberté aux grandes distributions. » Pour répondre ensuite à cette problématique, Marc Fesneau est convaincu que « d’ici peu, il faudra repenser toute la grande distribution » pour éviter une gestion chaotique à l’instar de Carrefour.

« Notre budget consacré à l’armée est déjà inférieur à celui des autres pays européen »

Marc Fesneau est aussi membre de la commission de la défense nationale et des forces armées. L’objectif de la France est de consacrer 2% de son budget aux forces armées. « Notre budget consacré à l’armée est inférieur à celui des autres pays » commente le député. Sur la question de l’arme nucléaire, la réponse est simple, directe et franche : la France doit garder cette arme. « C’est réellement un moyen de négociation voire de dissuasion » ajoute-t-il. Une autre chose est sûre : l’armée n’a pas de difficulté à recruter mais manque cruellement de moyens. C’est ainsi que Marc Fesneau souhaite garder les meilleures relations possibles avec le Royaume-Uni car « la construction d’armes est importante et coûte très cher. « Il faut garder nos alliés » assure le député. « Dans l’armée, les Hommes sont évidemment importants mais les armes aussi » conclue Marc Fesneau.

« Il ne faut pas que les amendements deviennent le seul moyen d’expression des parlementaires »

Une des promesses d’Emmanuel Macron concernait la réforme institutionnelle. Au programme : renouveler la confiance envers les politiques mais aussi baisser le nombre de parlementaires notamment. Autre nouvelle annoncée : réduire le nombre d’amendement par groupe parlementaire. Les amendements permettent aux députés de, notamment, prendre la parole dans l’hémicycle. « C’est la grande limite des amendements » assure Marc Fesneau. « Il ne faut pas que les amendements deviennent le seul moyen d’expression des parlementaires » assure-t-il. Il est cependant vrai qu’à chaque loi proposée ce sont des centaines d’amendements qui sont annoncés. De quoi faire ralentir la naissance et les discussions autour d’un projet de loi. Mais il faut faire face à un constat : un député est d’une certaine manière jugé par son temps de prise de parole mais aussi pour son nombre d’amendements posés. A partir de cela, il est logique qu’amender une loi devienne monnaie courante dans l’hémicycle. Le député livre ensuite les coulisses de l’Assemblée nationale. « Heureusement que les micros sont coupés quand un député ou un ministre prend la parole. On ne s’écoute pas parler » assure Marc Fesneau, chef du groupe MoDem à l’assemblée.

« Ce n’est pas parce qu’on est allié à Bachar Al Assad qu’on est amis »

En plein cœur du conflit syrien, le Président Emmanuel Macron soutient les Kurdes. Malheureusement, il est vrai aujourd’hui qu’on sait que les Kurdes sont les auteurs de plusieurs crimes. Or, les Kurdes sont aussi en lutte contre l’État Islamique. Tout comme la France. C’est ainsi que Marc Fesneau tient à clarifier la situation : « Le président Macron soutient évidemment les Kurdes dans leur lutte contre Daech. Mais ce n’est pas parce qu’on est allié avec Bachar Al Assad dans ce combat que nous sommes amis. »

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Photo : Fréquence ESJ / Lucas Pierre

 

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