Gilles Verdez, bourre pif du PAF

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PORTRAIT - Homme passionné, amoureux de son métier de journaliste, Gilles Verdez revient sur les étapes marquantes de sa carrière. Après plusieurs demandes d’interviews écrites et orales, notre interlocuteur finit par accepter une entrevue la semaine suivante. « Un portrait ? Bon d’accord ». 

Le jour J, Gilles Verdez termine comme tous les vendredis à 13h son cours de presse écrite à l’École supérieure de journalisme de Paris. Vêtu d’un jean des plus classiques, une chemise rose et une veste de costume, son côté touche-à-tout se traduit même dans son style vestimentaire. Loin des déguisements délirants de Touche pas à mon poste, l’homme de 51 ans semble calme et dégage une certaine sensibilité. Assis derrière son bureau, il nous accorde 30 minutes. 23 auront suffit. « Fatigué », il raconte sa carrière et ce qu’il en retient. De la rédaction en chef du Parisien, à ses interventions polémiques en passant par la catastrophe de Furiani, Gilles Verdez n’esquive aucun sujet… Comme d’habitude.

Premier journaliste de sa famille, le natif de Saint-Germain en Laye a toujours voulu exercer ce métier. Il se souvient, « ma vocation de journaliste sportif est née au stade Vélodrome à Marseille. Mon père m’y emmenait tous les étés ». Il admet avoir eu « une enfance heureuse » qui s’est ponctuée par des études de journalisme. Entré au Parisien dans l’Essonne après avoir obtenu son diplôme, il se sent comme chez lui dans cette rédaction. Prêt à y passer toute sa vie, il sera finalement démis de ses fonctions en septembre 2009. Admettant que « la direction n’avait pas été clean », il gagne aux prud’hommes trois ans plus tard après « une procédure longue et épuisante ». « À peine c’était fini que j’étais déjà dans l’après. J’ai cette chance de pouvoir passer à autre chose rapidement ». Embauché très vite à France-Soir alors « racheté par un jeune Russe », il croit en ce projet qui prendra fin deux ans et demi plus tard.

« À Furiani, je me suis vu mourir »

Le 5 mai 1992, Bastia est le théâtre d’une des plus grandes catastrophes du football moderne. Alors que les Corses reçoivent l’OM de Bernard Tapie en demi-finale de Coupe de France, le stade se met à trembler. Gilles Verdez, présent pour couvrir le match pour Le Parisien, se souvient : « j’étais au dernier étage de la tribune. Le sol s’est mis à vibrer. J’étais en ligne avec un autre journaliste de la rédaction et je lui ai dit que nous tombions ». À 18 mètres du sol, l’effondrement de la tribune a provoqué la mort de 18 personnes. « Les gens qui étaient à deux rangs de moi sont morts, mais pas moi, c’est le destin » raconte-t-il. « Ce jour là je me suis vu mourir. J’ai vu toute ma vie défiler comme dans un film ».

« J’espère ne pas avoir changé depuis Touche pas à mon poste »

Aujourd’hui chroniqueur dans l’émission TPMP animée par Cyril Hanouna, le journaliste se voit comme « un polémiste ». Également présent à la table de l’animateur sur Europe 1, ce changement de notoriété ne lui pose « presque aucun problème ». « Le seul soucis, c’est lorsque les gens viennent me voir et que je suis accompagné. Je ne veux pas que ma fille pense que c’est normal d’être abordé dans la rue comme ça ».  Prônant la « parole libre » de l’émission, il affirme s’y « amuser comme un fou ». À l’antenne depuis 2012, il « espère ne pas avoir changé ». « Je ne joue pas de rôle dans TPMP, je veux que les gens comprennent que je reste fidèle à moi-même ». Repéré par Cyril Hanouna dans l’émission On refait le match, Gilles Verdez ne joue pas à faire semblant. Au point de supporter toutes les critiques ? « Oui mais j’y réponds » conclut-il.

Photo Fréquence ESJ / Baptiste Denis

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