Jean-Yves Lafesse : « ce qui m'embêtait pendant le confinement, c'était de fonctionner au ralenti »

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INTERVIEW / VIDÉO - Jean-Yves Lafesse était l’invité de "Storytelling", mercredi 13 mai. Détendu, bavard, cigarette au bec et bière à la main, l’humoriste était en grande forme. Entre anecdotes et imitation hilarante, il est revenu sur son spectacle, "Lafesse, c'est du poulet !", reporté en raison du coronavirus.

Connu pour ses canulars téléphoniques et ses gags auprès des passants dans la rue, Jean-Yves Lafesse a fait rire les téléspectateurs de Canal + ou France 3 pendant des années. C'est d'abord sur Radio Nova qu'il se fait repérer par toutes les grandes chaines mais aussi par le public français. De retour pendant un an à la radio, il tenait une chronique intitulée « Lafesse réveille la Gaule » sur France Bleu depuis septembre 2019. Une aventure qui a rapidement pris fin: « je travaillais sur trois stations de France Bleu en même temps et les trois se sont arrêtées ». L’humoriste a également expliqué avoir pu sous-estimer le Covid-19 au début de la pandémie : « je pense que je suis allé un peu trop loin sur l’épisode du coronavirus. Au mois de février j’ai pas arrêté de déconner sur ce virus. J’ai peut-être un peu trop déconné parce que je ne savais pas ce que c’était et personne ne pouvait savoir ». Jean-Yves Lafesse ne mesurait alors pas, comme beaucoup, la portée de ses mots.

En parallèle, l’ancien chroniqueur d’Europe 1 se produira dès que possible au théâtre. Sa pièce "Lafesse, c'est du poulet !" a été reportée à cause du coronavirus : « Je ne me sens pas mal à ce propos, ce qui se passe nous dépasse. Je pense à tous mes copains et copines qui travaillent dans le théâtre. Je vais écrire des trucs, je vais bosser sur d’autres thèmes, je ferai d’autres choses. C’est dur pour tout le monde du spectacle. Mais la saison de théâtre reprendra en janvier prochain, je jouerai donc au théâtre de la Traversière en mars 2021 », explique l'humoriste. 

« On ne trouve pas les bonnes idées dans le luxe »

Le report de son spectacle est finalement une aubaine pour Jean-Yves Lafesse qui le trouvait « un peu bancal ». Il profite de cette pause pour le retravailler. Il est d’ailleurs revenu sur sa manière de voir le travail : « Quand on est dans un domaine comme l’écriture de spectacle, le luxe c’est jamais bon. On ne trouve pas les bonnes idées dans le luxe, on les trouve dans les contraintes ». Une façon très personnelle de voir la vie, même si ce temps suspendu, pendant le confinement, ne semble pas lui  avoir convenu : « Ce qui m’a un peu embêté pendant le confinement, c’est cette idée qu’on a fonctionné au ralenti. C’était un peu un stage d’initiation à la vieillerie, voire, à la retraite. Alors comment on fait pour avoir de nouvelles idées, et de nouvelles idées de mise en forme ? C’est compliqué ».

Un humoriste plein de ressources

En découvrant son adolescence punk, on apprend aussi comment le surnom de Lafesse s'est imposé à lui. Un surnom qui vient de ses amis, qui lui ont donné après un but marqué de la fesse gauche quand il était adolescent. Jean-Yves Lambert, de son vrai nom, a aussi offert une imitation de son célèbre personnage Germaine Ledoux. Avant d'en arriver là, l'humoriste, ou plutôt "le déconneur" comme il aime s'appeler, s'est bien entrainé avec les canulars téléphoniques. Son premier à la radio s'est fait sur Carbone 14 : « Un homme de radio nous interpelle dans la rue et nous propose de passer dans son émission. Je ne savais pas quoi raconter, alors je lui ai dit que j’étais prêtre au Vietnam. Je lui disais comment je convertissais les jeunes. Il y a cru et même les auditeurs y ont cru ». Plus de 2 000 impostures téléphoniques suivront, le début d’une carrière dans les rires et la bonne humeur, qui n’est pas encore terminée. 

Regardez l'interview en vidéo

Photo : Archives / Fréquence ESJ 

 

 

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