Death Note : la mort et puis le reste

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CRITIQUE - La fin de l’été nous a encore réservé une bonne surprise ! Et ce ne sont pas les abonnés Netflix qui diront le contraire, eux qui ont pu apprécier l’adaptation filmée du célèbre et macabre manga Death Note. Un thriller fantastique (mais très voire trop éloigné du manga originel) et qui immisce à merveille les néophytes dans un monde noir où la mort règne sur la vie.

Les fans l’attendaient. Les novices ne demandaient qu’à être initiés. C’est désormais chose faite avec la sortie de Death Note. L’adaptation live du manga éponyme de Takeshi Obata devait à la fois séduire les plus puristes des fans de la série mais aussi ceux ne connaissant rien au Death Note. Un univers noir où se mêlent avec brio la mort, la justice et l’amour. Un film où Netflix a encore mis les moyens pour impressionner les spectateurs et marquer encore plus son territoire. Pas sûr qu’en revanche que cela suffise mais, au moins, tout le monde a été servi : les références au manga et à l’animé sont bien présentes alors que le scénario donne envie d’en savoir plus. Death Note a encore de beaux jours devant lui, contrairement « à l’humain dont le nom est inscrit dans ce cahier. »

Une adaptation réussie pour un thriller palpitant

Il faut dire que le concept même du Death Note rend l’intrigue très abordable et le scénario assez rocambolesque ! Et vous ? Que feriez-vous si d’un simple coup de stylo vous pouviez mettre fin aux jours d’une personne qui l’a amplement méritée ? Avec le Death Note, c’est votre choix qui fera office d’arrêt de mort. Un fatalisme mêlant destin et volonté, où une simple envie peut devenir mortelle. Forcément dès le début du film, le spectateur, pas encore adepte du cahier de la Mort, regarde comment vont évoluer les événements, qui ne peuvent que mal finir.

La réalisation d’Alan Wingard est dans la lignée de ce que cet américain sait faire. Après des films d’horreur comme V/H/S en 2012 ou Blair Witch l’année dernière, il signe un Death Note entre horreur et fantastique. Pour ceux qui ont découvert le concept grâce au film, il ne nous reste plus qu’à lire les 12 tomes du manga et les 37 épisodes de la série ! On ne sait jamais quand la mort peut frapper…

Une adaptation ratée

Si les novices découvriront avec joie le monde du Death Note, les connaisseurs, eux, pleureront leurs 100 minutes perdues. Avant d'être un concept, le manga originel repose sur un duel entre deux génies : Light Yagami, lycéen banal mais bien plus intelligent que la moyenne et L, génial détective couvé par Watari. Dans cette lutte sans merci pour la vérité, deux versions du monde s'opposent : l'un croit en une justice et un monde parfait, l'autre mise tout sur celle de l'Homme. De nombreux acteurs (Misa, Ryuk et pleins d'autres) viendront pimenter ce combat, tout au long de la série.

C'est là que le film trahit l'oeuvre originale. L devient un flic médiocre, incapable de contrôler ses émotions et en passe de succomber à des pulsions inconcevables pour le L du manga. Light Turner n'est lui qu'un adolescent comme les autres, ambitieux au point de vouloir devenir Dieu, mais trop couard pour aller au bout de son rêve.
Ryuk, le dieu de la mort, n'est plus le spectateur amusé de la série. Le film le fait clairement passer pour un monstre, un démon. Tout l'intérêt du manga réside dans la réflexion conduisant le lecteur à se demander qui est le vrai monstre de l'histoire.

Bien sur, il est impensable de pouvoir réaliser une adaption parfaite d'un manga de 12 tomes en 1h40. L'histoire est totalement repensée passées les premières minutes. Mais les personnages subissent un changement trop radical pour que le lecteur s'y retrouve. Le cahier de la mort n'est qu'un prétexte pour assister au combat psychologique acharné entre deux génies qui échappe aux communs des mortels. Et ça, Netflix ne l'a pas compris.

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