Fête de l'Humanité 2019 : on fait le bilan !

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FESTIVAL - Du 13 au 15 septembre 2019, la Fête de l’Humanité s’est déroulée sous un soleil de plomb. Des têtes d'affiche en grande forme et une ambiance toujours au rendez-vous pour une Fête de l’Huma qui tentait de rassembler la gauche.

 

Cette année, les participants à la Fête de l’Humanité ont enfin pu profiter du soleil et de températures avoisinant les 30 degrés. “Ça change des années où on avait les pieds dans la flotte !”, se réjouit un organisateur. Les conditions étaient donc parfaites pour accueillir un maximum de monde. Et du monde, il y en avait ! Les stands étaient remplis de festivaliers de tout âge. Les volontaires, sous les drapeaux rouges, se félicitaient de la récente incarcération du maire de Levallois-Perret avec des pancartes sarcastiques : “Free Balkany”. Mais le show se faisait sur scène…

Des artistes en très grande forme pour trois jours de show

18 heures, les ruelles se bouchent. Il devient difficile de se déplacer…Après avoir bataillé pour accéder à la Grande Scène, les visiteurs peuvent enfin profiter pleinement de leurs artistes. Et quels artistes ! Si Aya Nakamura, Eddy de Pretto ou encore L’Or du Commun ont ouvert les festivités en rameutant des milliers de personnes, c’est l’Allemand Paul Kalkbrenner, maître incontesté de l’electro-techno, qui a clôturé la première journée. Une ambiance électrique assurée devant une foule unanime. Les jours suivants ont vu défiler le groupe de punk-rock des Négresses Vertes, un Didier Super toujours aussi efficace et Lord Esperanza. Le jeune rappeur de bientôt 23 ans a délivré sur la Petite Scène une prestation d’une énergie folle, plongeant dans la fosse au cœur des pogos. Il en a profité pour tourner sur scène un clip pour son prochain projet. Malgré une organisation bancale et l’absence de loge pour les artistes, comme le déplore sa manager, le rappeur est remonté sur scène par deux fois pour offrir un moment inoubliable à ses fans. Mais la palme de la meilleure prestation revient sans aucun doute à Shaka Ponk. Le groupe d’electro-rock français est arrivé sur la Grande Scène sur les coups de 21h, le deuxième jour, devant une marée humaine. Entre les jeux de lumières et l’alchimie entre les deux chanteurs Frah et Sam, le résultat est explosif. On déplore deux malaises dans la fosse avant même la fin de la première chanson ! Aucun doute, le rock français n’est pas mort. Sans oublier Goz, le singe animé et mascotte du groupe, projeté au mur, avec lequel les chanteurs s’amusent. Un clip vidéo en direct. Aucun doute lorsque l’on observe ce public crier et sauter comme un seul homme : Shaka Ponk a offert à ses fans un moment qui a marqué cette Fête de l’Humanité. 

La Fête de l’Huma « a un peu perdu son sens politique » 


Pour beaucoup de festivaliers, la politique n’est plus la raison principale de leur venue, même si beaucoup sont encore animés par les mêmes convictions de gauche. “Elle a un peu perdu son sens politique c’est vrai”, témoigne un visiteur. “Aujourd’hui les gens viennent surtout pour les têtes d’affiche”, nous explique une visiteuse près de la scène. Cette dernière ne lit pas le journal l’Humanité et, bien qu’elle partage plusieurs de ses idéaux, ne se rendra pas à l’Agora. 

L’Agora, la grande scène des politiques 

Lieu de discussions, de débat politique, l’Agora permet à tout visiteur de s’emparer du micro pour donner son avis ou proposer ses idées sur différentes thématiques. Son nom rappelle bien sûr l’Agora que l’on retrouvait alors dans les citées grecque, en Antiquité. Là où tous les citoyens se croisaient et interagissaient.

Bien qu’elle désire inspirer un sentiment d’égalité, il s’agit toutefois d’un bureau sur une estrade, autour duquel discute une demi-douzaine de personnes devant un public. Public de quelques centaines de personnes qui, au final, se partagent (disputent) un micro pour poser leurs questions aux invités politiques. En somme, la Grande Scène des politiques. Plusieurs noms de la gauche se sont réunis tout au long des trois jours comme Clémentine Autain, députée de la France Insoumise ou le gilet jaune Jérôme Rodriguez, qui avait perdu un œil suite à un tir de flash-ball, à Paris. Une intervention en particulier fût remarquée. Celle d'Assa Traoré, sœur d'Adama Traoré. Elle a, en compagnie de son collectif "Comité vérité et justice pour Adama", lu devant l'agora une lettre ouverte. Elle y parlait au nom de Zineb Redouanne, cette femme de 80 ans, décédée en décembre sur son balcon après avoir reçu un tir de Grenade lacrymogène lors d'une manifestation des gilets jaunes. Elle y dénonçait le silence médiatique et la lâcheté du CRS à l'origine de ce tir qui serait couvert par ses supérieurs.

Nos désaccords, c’est ce qui fait notre force

On retiendra également les échanges à l'Agora entre Fabien Roussel, membre du Parti Communiste et Adrien Quatennens, coordinateur de la France Insoumise. Si l'on reproche souvent à la gauche d'être trop divisée, l’empêchant d'avoir un réel poids d’opposition sur la scène politique, pour ces derniers, il s'agit de leur force. "Si l'on devait mettre sous le tapis tous nos désaccords, ce serait une erreur", explique Adrien Quatennens. “Nos désaccords, c’est ce qui fait notre force !”. Pour eux, leurs différences sont donc une démonstration de notre démocratie. Un point où chacun s’accorde :  la démarche à suivre pour les futures élections. Au second tour de l’élection présidentielle de 2017, 25,44% d’abstention avaient été enregistrés. Pour la gauche, les communistes comme les Insoumis, l’objectif n’est plus de tenter de s’arracher des voies entre eux mais bien de regagner le vote des abstentionnistes. Surtout lorsque les élections municipales de 2020 arrivent à grands pas. 

 

Photo : Nicolas Messyasz/SIPA

 

 

 

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