Radio Elvis : « C’est très compliqué d’écrire un texte simple »

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INTERVIEW - Le groupe de rock français Radio Elvis était invité dans Storytelling mercredi. Pierre Guénard et Colin Russeil, deux des membres du trio sont notamment revenus sur la sortie de leur nouvel album Ces garçons-là. Ils sont aussi intervenus sur le processus d’écriture de leurs chansons ainsi que sur l’inspiration nécessaire à leur création.

 

Nuit et solitude. Des thèmes récurrents dans le nouvel album du groupe pop-rock, mais Ces garçons-là, d’après Pierre Guénard « ça parle aussi d’amour, des thèmes que je n’avais pas spécialement abordé sur le premier disque ». Le temps est également très présent « c’est le principal sujet de mes chansons, et même de tout ce que j’écris à côté, de toute ma réflexion ». Pour lui, l’un ne va pas sans l’autre, lorsque l’on parle d’une histoire d’amour ou de solitude, il y a toujours le temps qui passe. Leur premier album Les Conquêtes sorti en 2016 avait une thématique globale très forte autour du voyage, le second, lui, est plus général et parfois qualifié de « pop love ». Selon Pierre et Colin, le fait que leur album soit plus pop que le précédent ne le rend pas moins rock mais plus « engageant physiquement, sur scène on le sent. (…) Pour ce disque, la tournée nous a donné envie d’avoir des titres plus dynamiques ».

« C’est en travaillant que l’inspiration vient »

Le titre éponyme de l’album aborde par ailleurs un sujet inédit pour le groupe : le harcèlement scolaire. Un sujet qui touche de près le chanteur du groupe « je raconte quelque chose que j’ai vécu, de près ou de loin. C’est romancé, comme dans toutes les chansons, j’écris ce que je vis mais je le romance sinon ça n’intéresse personne ». En parlant d’écriture, chacun des titres à sa propre histoire, et elle est toujours unique « les musiques naissent soit chacun de notre côté, soit ensemble, les textes viennent avant, après, pendant, il n’y a pas de règles » et donc aucun processus d’écriture particulier dans le groupe. Une seule chose ne change pas, Pierre écrit tous les jours, et ne se déplace jamais sans avoir un stylo sur lui. Après tout, l’inspiration peut pointer le bout de son nez à tout moment ! C’est ce en quoi croyait Pierre : « j’étais persuadé que l’inspiration c’était quelque chose qui venait du ciel, quelque chose d’évanescent ». Il retrouve pourtant ses esprits en écrivant le second album « c’est du travail, il faut s’y mettre tous les jours et c’est en travaillant que l’inspiration vient », il redevient plus pragmatique.

Leur album est composé de titres aux textes plutôt simples, mais c’est plus compliqué qu’on ne le croit d’après Pierre d’écrire un texte simple. Pour lui, « c’est important parce qu’à faire des choses trop compliquées on est pas forcément compris ». Or, peu importe de ne pas être compris, mais il faut que ce soit voulu. Et pour cet album, Pierre voulait qu’on le comprenne, « j’avais envie de raconter des histoires donc ça imposait une simplicité », mais attention, simplicité ne rime pas avec facilité. Pour les deux hommes, la musique est une passion, l’un a commencé à composer à l’âge de seize ans, l’autre dès ses dix ans, Pierre a toujours voulu faire du rock, mais le rock n’a pas toujours voulu de lui « je suis passé par une longue période de chansons françaises parce que ça ne me paraissait pas naturel chez moi de faire du rock, malgré le fait que je n’écoute quasiment que ça ». Il aura mis du temps à trouver le lien entre chanson française et rock pour finalement réussir à trouver sa propre voix. Quant à Colin, il a toujours été attiré par le rock « je crois que c’est vraiment le rock qui me plaît à fond, notamment pour la batterie, mon instrument, mais aussi pour les compos. J’aime bien la pop parce que c’est quelque chose qui touche les gens assez directement ».

Photo : Lison Délot/Fréquence ESJ

 

 

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