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"Je suis normal", la révélation du Nikon Film Festival 2018

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INTERVIEW - Cinquante courts-métrages ont été sélectionnés pour le Nikon Film Festival 2018. Le premier prix a été décerné ce jeudi à Je suis une blessure. Mais l'un des films en compétition a attisé notre curiosité : Je suis normal. Entre angoisse et incompréhension, ce court-métrage fait écho à une triste réalité : l'homosexualité n'est pas totalement acceptée dans notre société. Nous avons pu rencontrer le réalisateur, Paolo Cedolin Petrini.

« Je voulais tout d’abord vous féliciter pour votre choix ; j’imagine aisément la souffrance qu’engendre cette situation ». Paolo Cedolin Petrini commence son court-métrage par ces quelques mots. Le personnage principal interprété par Olivier Bordin reçoit « la normalité » en cadeau. Mais la normalité est-elle un cadeau ? Cette problématique est renforcée par le thème traité dans le court-métrage : l’homosexualité. 

Dans un monde où les différences ne sont pas acceptées, les parents de P apprennent l’homosexualité de leur enfant. Ils décident de lui offrir une pilule de “normalité“. Le jeune homme accepte ce cadeau. Mais après s’être remémoré les meilleurs moments de sa relation, le choix n’est plus aussi simple.

« Plus de jugements, plus de souffrance, vous pourrez marcher dans la rue la tête haute. » Tels sont les mots prononcés par la société, jouée par Mathilde Ripley, pour forcer le jeune homme à prendre la pilule de normalité. 

Ce court-métrage en lice pour le Nikon Film Festival 2018 ne passe pas inaperçu. Paolo Petrini joue avec le regard des acteurs. Il y a peu de paroles, mais énormément d’émotions. La mise en scène est futuriste tandis que la morale est cruellement d’actualité. 

Fréquence ESJ : Je suis normal, est-ce une histoire personnelle ?
Paolo Cedolin Petrini, réalisateur : Oui, car je me pose des questions sur l’acceptation de l’homosexualité dans la société. Mais ce court-métrage s’adapte à toutes les situations. Là, on parle d’homosexualité, mais ça s’adapte avec le racisme, les migrants, les trans... J’espère sincèrement avoir réussi à interpeller le spectateur. 

Beaucoup de films parlent aujourd’hui de l’homosexualité. La culture aide-t-elle à réduire les a priori ?
La culture aide, oui. On a de la chance de vivre dans un monde aussi ouvert, c’est de l’espoir pur. Je suis persuadé que dans 50-80 ans ce sera différent. Je me souviens de ma mère qui me racontait la situation dans les années 80 et ça choque vraiment. 

Olivier Bordin joue très bien son rôle, on ressent beaucoup d’émotion face à sa prestation. Vous le connaissiez avant le projet ?
Non, je ne le connaissais pas. J’ai organisé des castings et c’est là que j’ai rencontré Olivier. Il faut être honnête, je pense qu’on choisit les acteurs par rapport à leur image et leur physique. Pour Olivier, j’ai tout de suite remarqué ses yeux. Il a d’énormes yeux bleus. En plus, son personnage ne parle pas, il me fallait donc un acteur expressif au niveau des yeux ! Et Olivier a relevé aisément le défi. 

Vous êtes un réalisateur assez méconnu et pourtant vous avez déjà beaucoup de courts et longs métrages à votre actif ?
Oui, tout à fait ! J’ai démarré en trombe avec un long-métrage quand j’étais encore en deuxième année à l’École Supérieure de Réalisation audiovisuelle (ESRA) à Paris. Avec tous mes potes de la promo, on s’est mis à écrire ce long-métrage qui s’appelait Incompatibles. On est descendus à Monaco pour tourner et on a eu beaucoup de chance ! On nous a prêté une chambre à l’hôtel Fairmont Monte-Carlo, une Aston Martin, des vêtements pour les acteurs... J’ai été vraiment surpris ! Et on a eu la chance d’avoir la participation de Roger Moore (ancien James Bond, disparu en mai dernier, NDLR). Puis j’ai fait un court-métrage qui s’intitulait Are You Happy, qui est un peu plus dramatique. 

Et maintenant, quels sont vos projets ? 

Je finis la postproduction d’un nouveau court-métrage qui s’intitule L’Âge d’or. C’est un film comique et on a eu la chance d’avoir la participation de Chantal Ladesou grâce à mon meilleur ami qui a joué avec elle dans Bonne Pomme

 

"Je suis normal", un film de Paolo Cedolin Petrini avec Olivier Bordin, Mathilde Ripley, Owen Cukier et Marine Morot.

 

 

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