Cette semaine au cinéma: Le Hobbit, la bataille (de trop) des cinq armées

-1CRITIQUE - Chaque vendredi, Valentin Pimare décrypte pour Fréquence ESJ l'une des sorties de la semaine. Aujourd'hui, il attribue la note de 3 sur 5 à Le Hobbit : La bataille des 5 armées de Peter Jackson, en salle depuis le 10 décembre. Peter Jackson s'offre un dernier baroud d'honneur en Terre du Milieu sans toutefois retrouver la pleine magie du "Seigneur des Anneaux".

 La compagnie de Thorïn a enfin regagné la Montagne Solitaire. Alors que l'héritier du trône d'Erebor tente de remettre la main sur l'Arkenstone pour asseoir sa légitimité, beaucoup d'autres convoitent les trésors que renferme la montagne. Elfes, Nains, Hommes, Wargs et Orques sont en ordre de marche. La bataille des 5 armées peut commencer...

C'est l'histoire d'un aller et retour. Titre de base de ce dernier volet de la trilogie Hobbit, Peter Jackson fait ses adieux à la Terre du Milieu. Si le cahier des charges est parfaitement rempli pour un spectacle final assuré, on reste loin de l'apothéose attendue. La première moitié du film se montre passionnante. Entre l'attaque de Smaug à Lacville, l'intervention du Conseil Blanc à Dol Guldur et les préparatifs de la bataille, guère le temps de s'ennuyer. Il est tout aussi plaisant de voir l'émergence de certains personnages comme Bard ou Thandruil. Les scènes d'émotions entre certains personnages comme Thorïn et Bilbon n'ont jamais été aussi touchantes. Deux belles performances de Martin Freeman et Richard Armitage, parmi d'autres.

Le gros problème de ce dernier volet, c'est la volonté de Peter Jackson de vouloir trop bien faire... Ou pas assez. Et cette lacune se ressent particulièrement dans le dernier tiers. La bataille finale qui offre son titre au film disparaît trop vite. Elle devient une toile de fond pour des duels ne concernant que les principaux protagonistes. Des scènes de combat où le réalisateur continue sur sa lancée des opus précédents avec un trop-plein d'effets numériques. Un paradoxe car les séquences de bataille vous accrochent la rétine tout en manquant cruellement d’authenticité. Les cascades de ce bon vieux Legolas finissent par en devenir grotesques. Et que dire du sort de certains personnages. On regrettera toujours ce peu d'intérêt porté à la compagnie des Nains. La majorité d'entre eux ne servant qu'à faire parti du décor. Pourquoi accorder une telle importance à Alfrid ? Certes, il est la caution comique du film mais son personnage en fait des caisses. Et où est donc passé Beorn ? L'homme ours est d'une importance cruciale dans la bataille finale, véritable échiquier en mouvement. Les lecteurs du roman comprendront.

Le plaisir de retrouver cet univers demeure inchangé. Néanmoins, l'idée même de changer la formule de départ, à savoir transformer l'adaptation du Hobbit en une trilogie et non en diptyque atteint son paroxysme et ses limites dans ce film. Jackson raconte en 2 heures 20 l'équivalent de 5 chapitres du livre (sur 19). Si Bilbon Saquet retrouve sa chère Comté, la fin des autres personnages est trop vite survolée. Peut-être faudra-t-il se tourner vers la version longue du film pour être pleinement conquit...

Découvrez ici la bande annonce du Hobbit: La bataille des cinq armées

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