[Critique] Hasta la Vista

Écrit par Guillaume MILLOCHAU le .


affiche-Hasta-la-vista-2011Après Intouchables, voilà Hasta la vista. L’histoire est différente mais les protagonistes ont aussi un handicap : l’un aveugle, l’autre tétraplégique et un handicapé moteur. Leur rêve commun ? Avoir un rapport sexuel. C’est cru mais c’est une réalité, presque taboue. Les femmes ne les regardent jamais comme des hommes. Pourtant malgré leur situation, leurs hormones masculines sont toujours en activité.

A la manière du richissime Philipe dans Intouchables, nos trois protagonistes ont une situation financière aisée grâce à leurs parents. C’est en partie pour cette raison qu’ils vont pouvoir entamer leur voyage épique vers les joies de la chair. Accompagnée de Claude, une femme rustre mais au cœur tendre. Ils partent de Belgique pour leur destination finale : Punta del Mar où se trouve un lupanar réservé aux handicapés.

Jozeph, l’aveugle, maladroit et tellement attachant est le moins porté sur le sexe. Lars et Philip, eux sont très pressés d’en finir avec leur virginité. Lars est atteint d’une tumeur agressive qui réduit son espérance de vie jour après jour. Philip est sûrement le plus frustré. Il se comporte souvent de manière extrêmement désagréable. C’est celui qui a le moins de liberté, et de pouvoir d’agir.
Malgré des parents réticents, à qui ils vont cacher le vrai but de leur voyage, les trois compagnons vont partir grâce à la complicité et l'aide de la petite sœur de Lars. Avant d’être comparé à une sorte de tourisme sexuel, leur expédition est un voyage de l’amitié qui donne le sourire grâce aux blagues sur le handicap portées en dérision.
Avec Claude, leur guide atypique, c’est la vie qu’ils découvrent : le grand air, la piscine et le ciel étoilé. Malgré quelques déconvenues ils vont passer les deux plus belles semaines de leur vie. Une fois dépucelés, une lumière symbolique s’empare d’eux. Ils marchent debout sans chaise roulante et avec des chemises blanches. En dégustant les plaisirs du corps, ils deviennent l’espace d’un instant des gens normaux sans handicap. L’être humain a besoin d’amour qu’il soit blanc, noir, petit, aveugle etc.

altAvec un final émouvant mais pas larmoyant, Hasta la vista fait partie des pépites qui grâce à leur histoire touchante et drôle, donnent du bonheur au spectateur. La réalisation est simple, sans fioritures et privilègie l’histoire de ces trois garçons.  A l’instar d’Intouchables, ce film présente un handicap aisé mais pas forcément révélateur d'autres situations de handicap. Certains n’ont pas les moyens de voyager et de s’évader de leur situation. Une autre image du handicap existe mais celle du film semble s'approcher du réel.

Sur ce, à la prochaine ! Ou plutôt en espagnol : Hasta la vista !

Du meme auteur

Commenter