[Critique] Le territoire des loups

Écrit par Guillaume MILLOCHAU le .


Le-Territoire-des-Loups-AfficheUn Vol du Phénix version glaciale, Le territoire des loups est une escale sans retour dans les contrées mortuaires de l'Alaska.

Survivre à un crash d'avion est un miracle. Dieu n’a pas sa place ici, dans la lutte de l’homme face à la nature. Joe Carnahan (Narc, Mise à prix), connu pour des films d'actions bourrés de testostérone et de couleurs, donne ici une copie plus light et monochrome, dans une atmosphère glaciale et sépulcrale. Au regard de Mise à prix, le réalisateur semble doué pour poser un rythme intense à un long-métrage. Le territoire des loups en manque cependant cruellement. Les protagonistes restent longtemps dans les mêmes décors. Les scènes d'attaque et de survie parfois courtes, parfois longues, sont entrecoupées de phases de repos bien trop disparates.

Le film peine à nous scotcher à l'écran. Des répétitions, des flashs back du protagoniste qui à force d’intervenir dans le récit, virent au ridicule. Le scénario du Territoire des loups est trop faible. Les scènes d’emphases sentimentales des rescapés n’apportent que peu d’émotions. C’est le froid et la lutte contre la nature qui donnent le seul lot de frissons et d’émois. Il y avait pourtant un sacré potentiel : la survie en territoire hostile est toujours un postulat excitant et, à certains moments, la réalisation est vraiment excellente. Quand le réalisateur joue à la fois sur le combat physique et psychologique, c’est la loi du plus fort qui prédomine dans cette ultime danse avec les loups.

La scène de traversée du précipice trop improbable, l’obsession de garder un sac avec les altportefeuilles des victimes, participent à la non-crédibilité de l’intrigue. Tout comme les loups en image de synthèse qui attaquent les hommes. Cet animal a, au contraire, peur de l’être humain et préfère le fuir que de l’attaquer. Cela renforce l’aspect « fable » de ce survival-movie. Liam Nesson (John Ottway, ici), cantonné dans des rôles d'action-man depuis Taken, est toujours aussi sobre et réaliste dans son interprétation. Il est loin du héros bodybuildé et stéréotypé. Dans son rôle de protecteur des autres, une fois en milieu inhospitalier, il sera l’alpha du groupe de survivants. Un à un, les hommes vont tomber, tués par les loups. Il n’y a aucune échappatoire pour ces camarades perdus au milieu de nulle part.

altLe territoire des loups est donc un film très audacieux, truffé d'imperfections qui semble parfois, à l'image de sa fin, inachevé. S’il y a une raison d’aller voir ce purgatoire d’hommes rebus de la société, c’est pour son protagoniste Liam Nesson qui porte le charisme de l’intrigue. Mais la réalisation est ponctuée de trop d’irrégularités, et le scénario est décroissant en qualité malgré un final épique. Alors qu’on se faisait une joie au regard de la bande annonce, de voir combattre un loup féroce avec Ottway, Joe Carnahan ne nous en laisse pas l’occasion. Une scène pourtant introduite avec brio à l’aide d’un poème aux instincts guerriers, qui nous laisse sur notre faim de loup.

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